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 La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]

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MessageSujet: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Mar 9 Juin - 16:06

Il est à peine 8h du matin et je me traine comme un escargot qui tente de grimper une pente savoneuse. Je me passe une main dans mon cou. La nuit a été particulièrement difficile. Les premières heures, jusqu'à minuit, c'est assez facile, on a l'énergie, la volonté de travailler... Entre minuit et 3h, c'est plutôt chiant, on tourne au ralenti, on se sent un peu fatigué et on veut dormir. Après 3h, c'est pire que le pire du pire. Non seulement le corps dit de dormir, mais quoi que vous puissiez faire, vous dormez. Oui, les 3 dernières heures sont bien plus que difficiles. Après c'est la douche pour tenter d'enlever toute la poussière. Et enfin le retour vers la civilisation. La maison et dormir. Dormir, c'est tout ce que je veux. Le bus de la mine me dépose donc juste devant chez moi. Enfin chez moi... Chez moi, jusqu'à temps qu'Aby rentre de l'hôpital. Rien que d'y penser, je ne sais plus quoi faire. Rester, partir, rester, partir. Je sors le courrier de la boite aux lettres. Des factures, des publicités et... une lettre? Une lettre? Personne n'écrit plus de lettre... Tout en remontant l'allée, j'ouvre la lettre. L'enveloppe est en papier marron-jaune, comme on voit dans les films. L'adresse est pour "la famille Hooper" avec notre adresse, écrite à la main. Dedans, il y a l'air d'avoir plusieurs papiers. Non, c'est pas du papier, ça a l'air de... Je sors les papiers. Des photos? Il me faut trois pas et 5 bonnes secondes avant de comprendre de quoi il s'agit. Ma machoire tombe, ma main tremble et une goutte de sueur passe sur mon front. La police. Il faut que j'appelle la police. Tout de suite!

* * *

- Madame Hooper, nous allons vous emmener aujourd'hui. Il faut partir, maintenant.

Ouai, la police ne fait pas dans le détail. J'attends dans leur voiture banalisée, celle qui doit nous emmener je ne sais pas où. Séga est à mes pieds, inquiet, couinant même. Pourquoi on ne descend pas? Parce que le type au volant ne le veut pas. Flic en civil. C'est à lui que j'ai donné les photos que j'ai reçu ce matin. En moins de 15 minutes, il m'a dit de prendre un sac avec des affaires et qu'on partirait dans l'heure. Tout ce que je veux savoir, c'est si Abigail va bien et quand est-ce que je pourrais dormir. Le sac est dans le coffre, quelques affaires prises à la va-vite. L'autre flic est monté à la chambre de ma femme pour aller la chercher. A ne rien faire, mes yeux se ferment d'eux-même. Pourtant, je suis tellement inquiet pour Aby. L'inspecteur Johnson devant mon épouse attend qu'elle se prépare, tout en ajoutant.

- L'hôpital a signé votre sortie, ne vous en faites pas. Mais il y a eu une avancée dans l'enquête et il semblerait que vous soyez plus en danger que nous avions pensé.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Mar 9 Juin - 16:37

- Madame Hooper, nous allons vous emmener aujourd'hui. Il faut partir, maintenant. HEIN ? Avec un petit cri de surprise, Aby tourna la tête vers l’inspecteur qui venait d’entrer dans sa chambre. Partir maintenant ? Mais où ? Pourquoi ? Comment ? Que se passait-il ? Sans s’arrêter, le policier avança vers la salle de bain, pour récupérer tout ce qu’elle y avait laissé comme affaires personnelles. Il mit le tout dans un gros sac de voyage, puis revint dans la chambre. Abigail n’avait toujours pas bougé, ne comprenant rien à ce qui se passait. - L'hôpital a signé votre sortie, ne vous en faites pas. Mais il y a eu une avancée dans l'enquête et il semblerait que vous soyez plus en danger que nous avions pensé. QUOI ? Plus en danger que… QUOI ? « Scott. Scott va bien ? Mon mari… Il est arrivé quelque chose ?! » Voilà, maintenant, elle paniquait. Bravo. Enfin, au moins elle ne restait plus immobile, sous le choc. « Votre mari va bien, Madame. Il y a juste eu… Rien de grave. Mais on en discutera dans la voiture si vous voulez bien. » Avait-elle réellement le choix ? Difficilement, elle repoussa le plateau à roulettes qu’elle avait sur elle, puis, se redressa. En repoussant les draps, elle se félicita de n’avoir pas des gouts de luxe en matière de lingerie et de pyjama. Elle n’avait pas à être pudique, en pantalon noir long et t-shirt informe, du fanclub de l’équipe de Scott. Comme il avait jetés toutes ses affaires dans le sac, elle n’eut plus qu’à mettre ses chaussures. Ou plutôt ses tongs, en l’occurrence. À l’instant où elle pensait regagner la sortie, une infirmière arriva avec une chaise roulante vide. Pour elle. Oh génial. Levant les yeux au ciel, elle la laissa l’aider et s’installa dans la chaise roulante. Le policier, son sac sur l’épaule, commença alors à la pousser dans le couloir, donnant l’ordre au policier qui gardait sa porte de faire le tour de la chambre pour vérifier qu’ils n’avaient rien oublié. Avec un soupir, elle serra son sac contre elle. Il avait beau lui dire que rien de grave ne s’était passé, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter. Si rien de grave ne s’était passé, il ne serait pas si pressé de la faire sortir d’ici. Faites que Scott aille bien. Faites que Sega aille bien. Arrivée dehors, elle poussa un soupir de soulagement. Scott allait bien. Il était là, juste là, dans une voiture, avec Sega ! Mais alors que s’était-il passé ? Faisant le tour de la voiture, le policier lui ouvrit la portière et l’aida à se lever. Comme si elle était handicapée ! Elle était juste enceinte de sept mois – et énorme. Elle accepta quand même son aide. Parce que, à vrai dire, ça devenait un peu compliqué pour elle de se lever. Puis, elle s’installa à l’arrière de la voiture, à côté de Scott et de Sega. « Ok, on peut me dire, maintenant, ce qu’il se passe ? » Les médecins avaient parlé de la garder jusqu’au lendemain. Alors pourquoi avançaient-ils ainsi son départ ? Inquiète, elle tourna la tête vers Scott qui semblait encore plus fatigué que la veille. Instinctivement, elle leva la main et lui caressa la joue, avant de se rendre compte de ce qu’elle faisait.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Mar 9 Juin - 18:17

« Ok, on peut me dire, maintenant, ce qu’il se passe ? »

Je sursaute à moitié, surtout parce que Séga a littéralement sauté sur Aby et qu'il était à mes pieds et qu'il a failli m'éborgner en réagissant comme ça. Surtout que je voudrais bien dormir. Sincèrement, je suis tellement claqué, ça doit faire 24h que j'ai pas vu le coin d'un lit. Je lache le chien du regard pour fixer le policier assis à l'avant. J'ai envie de lui dire ce qu'il se passe, ce que j'ai reçu ce matin, ce que les policiers ont décidé, tout ça, mais je ne sais pas si j'ai la force pour le dire. Et puis de toutes manières, au moment où j'ouvre la bouche pour tenter d'exprimer ce qu'il se passe, sans savoir au préalable mes mots, le passager se tourne sur son siège pour expliquer, en effet ce qu'il se passe.

- Madame Hooper, ce matin, votre mari a reçu une enveloppe... Et... il semblerait que votre agresseur connaisse votre adresse... Nous devons vous emmener dans un endroit totalement neutre où il ne pourra pas vous retrouver, le temps de l'enquête.

Je tourne la tête vers la vitre, je sais ce qu'il va se passer maintenant. Aby va demander qu'est-ce que j'ai reçu, le policier va me regarder, il va vouloir que je le dise moi, parce que la pilule passera plus facilement. Mais je n'ai aucune envie de le faire. Ca sera le flic qui le dira. J'ai pas envie de me souvenir de ce que j'ai vu sur les photos, j'ai pas non plus envie de me rappeler ce que j'ai vu sur la vidéo. Alors non, je ne dirais rien. Qu'il le fasse lui-même. On a déjà démarré, mais je ne sais même plus quand. Je suis trop fatigué, il faut que je dorme, pitié, qu'on dorme maintenant. Ils ont dit qu'ils se chargeraient de prévenir le boulot. Je sens la main d'Aby sur ma joue et je tourne automatiquement la tête vers elle. Sa main. Sa douce main. Je pose à mon tour ma main sur la sienne. Mais mon regard tombe sur son ventre et inconsciemment, je retire ma main, détournant une nouvelle fois la tête vers l'extérieur. Désolé, c'est plus fort que moi. Je commence à fermer les yeux. Je ne tiens plus. Il faut que je dorme.

- Monsieur Hooper. Comme nous vous l'avions dit, vous ne devez prévenir personne, pas même votre famille. Les parents de votre épouse sont déjà au courant, mais pas la votre, alors... nous allons avoir besoin de votre portable. On vous le rendra quand l'enquête sera terminée. Quoi? Oh, je n'ai même pas envie de réfléchir. Je lui donne mon téléphone dans un soupir. Madame Hooper. Nous avons contacté votre amie mais il semblerait que vous ne soyez pas les seules victimes de cet agresseur. Nous avons reçu deux autres plaintes, antérieures à votre agression et... il y a eu une victime... qui n'ai pas survécu. C'est une autre des raisons qui nous pousse à vous emmener loin de San Francisco.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Mar 9 Juin - 18:33

Une enveloppe ? Les yeux d’Aby s’écarquillèrent. Une enveloppe ? Mais de quoi ? Avec quoi ? De qui ? Elle avait tant de questions. Que son agresseur connaisse leur adresse n’était pas réellement une surprise. Après tout il lui avait dit qu’il savait où elle habitait. Bon, ok, ça aurait pu n’être que des menaces, des paroles en l’air. Et secrètement, elle avait effectivement espéré qu’il ait bluffé. Mais de nos jours, il n’était pas compliqué de trouver une adresse. Surtout quand on était taré, sadique, pervers et… Tout ça. Après avoir dégluti, elle tourna la tête vers Scott et lui caressa la joue. Craignant qu’il ne se recule, elle attendit, en apnée. Mais quand il posa sa main sur la sienne… Elle fondit. Son cœur manqua un battement, et elle songea un instant que tout n’était pas perdu. Jusqu’à ce qu’il baisse les yeux vers son ventre, et ne se détourne. La gorge nouée, elle baissa la main, et la posa plutôt sur Sega, couché comme il le pouvait sur la banquette arrière, avec eux. Sa tête sur les cuisses de sa maitresse, et ses fesses sur celles de son maitre. Se concentrant de nouveau sur les paroles du policier, son cœur se serra. Ses parents. Étaient-ils en danger ? Elle se mordilla la lèvre, mais déjà il enchainait. Docile, Scott donna son téléphone. Et elle ne disait toujours rien. Tout allait trop vite. Moins de quinze minutes plus tôt, elle était encore en train de regarder « Une famille en or », à la télé. Et maintenant, elle était dans une voiture, à destination de… Quelque part. Où elle resterait quelques temps. Et… Et Scott semblait épuisé. Et… - Madame Hooper. Nous avons contacté votre amie mais il semblerait que vous ne soyez pas les seules victimes de cet agresseur. Nous avons reçu deux autres plaintes, antérieures à votre agression et... il y a eu une victime... qui n'ai pas survécu. C'est une autre des raisons qui nous pousse à vous emmener loin de San Francisco. Deux autres plaintes. En plus d’elle. Et de son amie ? Et… Une autre victime qui… « Qu’entendez-vous par « qui n’a pas survécu » ? » S’était-elle… Suicidée ? L’avait-il tuée ? Blême, elle fixa le policier, tout en redoutant sa réponse. « Ashley… A-t-elle aussi été agressée ? » Ils l’avaient appelée, mais il n’avait pas dit ce qui en était. Avait-elle vu juste, ou s’était-elle plantée ? Son air désolé lui servit de réponse. Elle avait vu juste. Donc ce type avait, probablement, lancé cette bouteille sur le compagnon d’Ashley pour s’assurer qu’elle ne parlerait pas. Et elle-même et Scott s’étaient trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Sentant la nausée la gagner, elle posa une main sur son ventre. Un frisson d’effroi parcourut son échine. « Où allons-nous ? »
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Jeu 11 Juin - 11:23

- Madame Hooper, nous n'avons pas le droit de vous dire où vous allez être emmener, au cas où sans le vouloir vous pourriez prévenir l'un de vos proches. C'est une sécurité supplémentaire. Ne cherchez pas à lire les panneaux, s'il vous plait. Laissez-nous faire notre travail, vous verrez, vous serez en sécurité.

Le policier qui s'est retourné sur son siège pour nous parler me regarde longuement, moi-même je ne le regarde pas, mais je sens son air figé sur moi et ça me met mal à l'aise. Je fixe le dehors, sans vraiment le voir. Tout ce dont j'ai envie, c'est dormir. Les panneaux, de toutes manières, je ne les regarde pas, et puis ils passent beaucoup trop vite pour que je puisse lire quoi que ce soit. A nouveau je ferme les yeux, ne résistant pas à l'appel délectable d'un peu de sommeil.

- Votre amie a effectivement été agressée, quelques semaines avant l'incident de la bouteille de bière. Elle n'avait parlé à son mari que juste avant le match, voilà pourquoi, d'après elle, votre agresseur a voulu blesser son fiancé. Quand votre mari a arrêté la bouteille, nous supposons que l'agresseur a changé de... victime et cela vous a désigné.

J'ouvre les yeux. Mon coeur vient d'imploser, mes poumons se sont ratatinés, mes intestins se sont tordus. C'est ma faute, ce qu'il nous arrive, c'est horrible. J'ai un haut-le-coeur. J'ai l'impression de subir plusieurs G dans une fusée en partance pour Mars ou je ne sais où. C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma faute... J'ai dû mal à respirer, j'hyperventile. J'ouvre la vitre subitement. La litanie ne s'interrompt pas. C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma faute...

- Nous pensons que deux autres femmes ont été victime de ce même agresseur, car elles sont elles aussi épouses de sportifs, comme votre mari. Nous avons un profiler qui s'occupe de cette affaire, pour que nous puissions l'appréhender le plus rapidement possible. Il y a trois ans, une femme a porté plainte pour viol, son mari était un joueur professionnel de base-ball, nous supposons que c'est la première victime de votre agresseur. Malheureusement, son mari a été... tué dans un accident de voiture suffisamment douteux pour que nous réouvrions l'enquête. La femme après cela a retiré sa plainte.

Ca, il me l'avait dit juste avant de partir pour l'hôpital, donc j'étais déjà au courant, mais je n'écoutais pas. Je suis bien trop occupé à me retenir de vomir. Et dire que tout ça, c'était ma faute. Le policier reprend sa place après un dernier regard compatissant. Je referme les yeux, tentant de me concentrer sur ma respiration. J'ai besoin d'une bouée de sauvetage. Et ma bouée de sauvetage, ça a toujours été Aby. A taton, longeant les flancs du chien, je vais chercher la main d'Abigail. Et je la serre très fort.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Jeu 11 Juin - 11:44

Ne pas savoir la… Bon, ça ne la tuait pas. Ce n’était pas à ce point-là. Mais elle avait toujours été du genre curieux et impatient, alors ne pas savoir où ils les emmenaient, et ne pas même pouvoir regarder les panneaux… C’était un supplice. Une torture. S’ils avaient peur à ce point qu’elle prévienne quelqu’un, ils n’avaient qu’à… Ah bah, prendre son téléphone. Voilà qui était fait. Du coup, elle voyait encore moins pourquoi ils ne pouvaient pas lui dire où ils allaient. Avaient-ils peur qu’il y ait des micros dans la voiture ? Elle fronça les sourcils, mais se retint d’ajouter quoi que ce soit, pour se concentrer sur le reste de la conversation. Quand il mentionna Ashley et d’autres victimes, elle oublia bien vite leur destination. Ashley. Pas Ashley. Pas elle, elle était trop gentille, trop douce. Quand il lui confirma ses craintes, elle ferma les yeux et son cœur manqua un battement. C’était tellement injuste ! Elle ne les rouvrit qu’en entendant l’inspecteur déclarer que c’était probablement parce que Scott était intervenu qu’elle avait été désignée. Instinctivement, elle tourna la tête vers lui. Elle n’était pas en colère. Comment l’aurait-elle pu ? Ils ignoraient alors tout de ce qu’il se passait en réalité. Et cette bouteille aurait pu être dangereuse, voire fatale, pour son coéquipier. Il avait bien fait d’intervenir. Et à vrai dire, elle l’aurait probablement grondé s’il ne l’avait pas fait. Devant son air torturé, elle sentit son estomac se nouer. Mais avant même qu’elle ait pu faire ou dire quoi que ce soit, le policier enchainait. Une victime… Masculine. En imaginant Scott à la place de ce joueur de baseball, elle sentit son cœur se serrer. Et alors que Scott lui-même cherchait sa main, elle avança une main vers la sienne, lui rendant sa force, son étreinte. Tout cela… C’était dingue. Complètement dingue. Un violeur en série, s’en prenant aux femmes de sportifs professionnels. Rien que d’y songer, elle avait la nausée. Pourquoi ? Que lui avaient-elles fait ? Rien ! Il ne s’en prenait à elles probablement que parce qu’elles étaient vulnérables, quand leurs maris étaient ailleurs. Et cela la rendait malade. Dire que peut-être il y avait eu une autre victime après elle, et qu’en se taisant elle avait rendu cela possible ! « Il était très fort physiquement, il doit avoir un abonnement dans une salle de musculation. Vous avez fait le tour des salles de muscu ? Avec un portrait, peut-être quelqu’un le reconnaitra-t-il ? » Aby, tu n’es pas de la police, laisse-les faire leur travail. Inspirant profondément, elle tenta de se calmer. Puis, un détail lui revint. « Qu’y avait-il dans la lettre ? » Elle tourna la tête vers Scott. Si leur retraite avait été avancée, c’était parce qu’il avait reçu un courrier. Que contenait-il ? Une lettre ? Des menaces ? Peut-être y avait-il des empreintes ou même de l’ADN ? Tu regardes trop la télévision, Aby. Le policier, détournant la tête, lança un regard... Compatissant vers Scott. Compatissant? Cela ne lui disait rien qui vaille. Et elle sentit sa gorge se serrer de nouveau. Instinctivement, elle commença à lui caresser la main de son pouce.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Ven 12 Juin - 9:23

J'ai fermé les yeux pour tenter d'évacuer toute cette culpabilité et je dois vous avouer que ça marche assez bien, surtout parce que le sommeil gagne sa bataille contre l'éveil. Et lentement, mais très surement, je plonge avec Morphée. Oui, sauf que... Aby reprend la parole. Salle de muscu? Je sors péniblement de ma torpeur, ouvrant les yeux. Qu'est-ce qu'elle est en train de dire? Sa main toujours dans la mienne, j'ouvre la bouche pour parler, mais le policier, très certainement blasé par ce genre de comportement me coupe la parole.

- Aby, ils...
- Madame Hooper, nous ne négligeons aucune piste, ne vous en faites pas.

Je pose ma tête contre le rebord de la vitre. Je ne cherche même plus à me battre ou à rester éveiller. Je veux simplement dormir. Laissez-moi dormir, pitié! Pourtant, il semblerait que le Sort et la Chance soient contre moi. Abigail n'a toujours pas fini de poser des questions. Je la comprends parfaitement, je ferais exactement la même chose, j'en poserais probablement encore plus. J'ouvre les yeux et je croise le regard du policier qui conduit dans le rétroviseur. Il attend ma réponse? Non, pas envie de parler, fermant les yeux. Ils peuvent le faire, vu qu'ils ont l'art et la manière. L'autre, celui passager se tourne vers Aby. Son air est grave, dénué d'émotion, ça doit être sa manière à lui d'annoncer des mauvaises nouvelles sans être trop pris dans les émotions, mais il reste compatissant dans le ton de sa voix.

- Votre époux a reçu une enveloppe contenant des photos de votre agression. Ce qui prouve que non seulement il connaissait votre adresse, mais que son crime était prémédité. Tout ce passerait sur les rencontres sportives qui se déroulent à San Francisco. Il choisirait des athlètes comme votre mari qui vivent ici, mais qui partent pour de longues périodes à l'étranger ou à l'autre bout du pays. Il se renseigne sur la famille, adresse, téléphone, travail... et attaquerait les épouses ou les femmes proches. D'après le profiler, il aurait été lui-même un athlète accompli, mais en manque de reconnaissance. Il s'en prend aux hommes à travers leur femme, très probablement à cause de son propre divorce ou d'une rupture plus que houleuse. Si la femme parle à quiconque, il s'en prend au mari. Nous ne savons pas encore s'il cherche véritablement à tuer ou s'il veut simplement blesser, comme avec l'incident de la bouteille de bière. Votre amie nous a appris que quelques jours plus tôt elle en avait parlé à son fiancé. C'est très probablement à cause de cela que votre agresseur a lancé cette bouteille.

Le policier attend encore quelques secondes, voir si Abigail a d'autres questions. De mon côté, sincèrement, le flot de paroles du type m'a même hypnotisé et plongé dans un sommeil assez agité, pas du tout agréable, vu que je repense à tout ça et que les mouvements de la voiture ne m'aident en rien.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Ven 12 Juin - 17:39

Bien qu’il fut bel et bien en train de lui répondre, Aby sentait bien que ses questions l’agaçaient. Quoique ce terme n’était pas le plus approprié. Il semblait surtout… Blasé. Il devait avoir l’habitude de gérer les victimes ou leurs proches, voulant bien faire, et se mêlant de l’avancement de l’enquête. Alors, elle se mordilla la lèvre et s’intima l’ordre de ne plus poser de question, une fois qu’il aurait répondu à sa dernière question. Même si, au final, le contenu de cette réponse lui fit passer toute envie de poser d’autres questions. Quoiqu’elle avait bien envie de dire à Scott « tu as vu ? J’ai bien fait de me taire ! » Pas sûr qu’il apprécie. En silence, elle tourna la tête vers lui. Il semblait si fatigué. Pourtant, alors qu’en temps normal il avait l’air apaisé quand il dormait, en cet instant, il semblait plutôt tourmenté. Et elle n’aimait pas ça. Était-ce parce qu’elle lui tenait la main ? Non, il aurait récupéré la sienne. Était-ce parce qu’elle était là ? C’était plus probable. Mais encore une fois, pourquoi alors laisserait-il sa main dans la sienne ? « Ne vous inquiétez pas, Madame Hooper. On fait tout notre possible pour le retrouver, et ce le plus vite possible. » Hm, le policier avait dû remarquer son air soucieux. Sauf qu’il l’avait mal interprété. Elle ne s’inquiétait pas pour l’enquête. Mais bien pour son mariage. En silence, elle acquiesça. Puis se laissa aller contre son siège, la tête appuyée contre l’appui-tête. Et en silence toujours, elle se mit à réfléchir. Encore. Bon, soit logique, Aby.

Soit tu gardes l’enfant, et tu prends le risque de perdre Scott.
Soit tu donnes l’enfant à l’adoption, tu gardes Scott, mais tu prends le risque de ne plus pouvoir te regarder dans un miroir, et de ne jamais savoir ce que ta fille devient.
Mais si tu gardes l’enfant, et que tu perds Scott, dans quel état seras-tu ? Comment agiras-tu vis-à-vis de l’enfant ?


Parviendrait-elle à tourner la page sur Scott ? Tournant la tête sur le côté, elle contempla son mari. Cela faisait huit ans qu’ils étaient mariés. Huit ans. À 88 ans, cela ferait 70 années de mariage. Il était le seul homme qu’elle ait jamais aimé – en-dehors de son père évidemment. Jamais elle n’avait été intéressée avant lui, et après lui, elle n’avait plus vu les autres. Leur relation avait toujours été une évidence pour elle. Quand elle avait cru l’avoir perdu, il avait été logique pour elle de garder l’enfant. Mais maintenant qu’elle entrevoyait une chance de le garder, lui… Baissant les yeux, elle fixa son ventre. Dis-moi quoi faire, toi ! Pour bien faire, rien ne se passa évidemment, pas même un coup de pied.

En plus ils allaient être isolés, cachés, quelque part. Comment ferait-elle pour se renseigner sur les procédures d’adoption, hein ? Avec un soupir, elle rejeta la tête en arrière. La voiture descendant vers le Sud, elle longeait l’océan. Aussi Aby finit-elle par contempler l’horizon. Cela ne servait à rien de se rendre malade à réfléchir sans avoir toutes les cartes en main. En plus… C’était une décision qui n’appartenait pas qu’à elle. Elle ne ferait plus l’erreur de garder Scott en-dehors de ça.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Lun 15 Juin - 18:28

La route défile. Perso, moi, je dors. J'ai pas résisté, je suis debout depuis bien trop longtemps. Hier avec l'intervention de la police, j'ai pas eu beaucoup de temps pour dormir et puis la nuit a été harassante et ce matin a été pire. La police a préféré nous envoyé à Pétaoushnok. L'océan à droite, quelques monts à gauche. On va vers le sud, c'est certain. On passe Daly City, Pacifica, Montara et à San Gregorio, on quitte l'océan pour l'intérieur des terres. Le conducteur ne décoince pas un mot, se concentrant sur la route en zigzag. De temps à autre, l'inspecteur Johnson se tourne vers nous, mais comme personnellement je dors, il n'ajoute pas grand chose, gardant un regard compatissant sur Abigail. C'est vrai qu'au fond, c'est elle qui a subi le pire du pire. Peu avant la ville de La Honda, la voiture tourne sur la route du parc Sam McDonald, mais il le traverse sans jamais s'arrêter. Et puis, il tourne à nouveau sur Wurr Road. Et sur une petite bande de terre notée nulle part sur les cartes, il s'enfonce dans la forêt.

- Madame Hooper. Vous devriez réveiller votre mari, nous sommes arrivés.

C'est peut-être le fin fond du bout du bout du monde, mais bizarrement, c'est presque oppressant, avec tous ces arbres. C'est lumineux, mais les troncs sont fins et innombrable. Au bout du chemin, une petite maison, bien cachée derrière tout un bosquet d'arbre. Ce n'est pas une maison de grand luxe, mais ça doit être confortable. La voiture se gare juste devant la porte et les policiers en descendent. Moi aussi d'ailleurs. Je suis réveillé, certes, mais j'ai encore besoin de dormir. Je fais le tour de la voiture pour regarder la maison quelques secondes, avant d'aller aider Aby à sortir de la voiture. Les policiers ouvrent la maison et nous laissent entrer.

- Voilà, nous allons vous laisser vous installer. Dans la chambre, il y a un téléphone par satellite, ne l'utilisez qu'en cas d'extrême urgence. C'est très simple : vous décrochez, vous attendez le bip et vous composer le numéro. Ca appelera le standard du commissariat. Madame Hooper, nous vous laissons votre téléphone portable, mais nous vous faisons confiance pour n'appeler personne. De toutes manières, il n'y a pas de réseau dans le coin. Le frigo est rempli, donc servez vous. Evitez d'aller trop loin dans la forêt, nous ne voudrions pas vous envoyer les gardes forestiers. Nous vous appellerons tous les jours pour vérifier que tout va bien et pour vous prévenir de l'avancée de l'enquête... Madame Hooper... Monsieur... Bonne soirée.

Et voilà qu'ils partent, nous laissant le sac que j'avais hativement préparé. Heureusement que j'ai pensé aussi au sac de croquettes pour notre monstre à quatre pattes parce que je suis certain qu'ils n'avaient pas pensé au chien. La voiture disparait et il n'y a plus que les bruits des piafs sur les arbres, le mouvement du vent dans les branches et les feuilles. C'est magnifique, mais j'avoue que personnellement je trouve ça terriblement oppressant. Il me faut une bonne minute pour me réveiller et me rendre véritablement compte d'où je me trouve. Puis, sans y penser, un très large sourire s'affiche sur mon visage. Non, ce n'est plus oppressant. C'est...

- J'ai l'impression d'être à Raetea. Waaaoh.

Mais nous ne sommes pas en Nouvelle-Zéland. Je ramasse le sac pour le porter à l'intérieur de la maison. Bon, bah... Qu'est-ce qu'on va faire pendant... je ne sais pas combien de temps. Je m'en vais jusqu'au frigo. C'est tout rempli avec pas mal de choses de toutes sortes.

- Est-ce que tu veux boire quelque chose?
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Lun 15 Juin - 20:02

Au son de la voix du policier installé à l’avant de la voiture, Aby sursauta, réveillant Sega par la même occasion. S’était-elle assoupie, elle aussi ? En jetant un coup d’œil par la fenêtre, elle fut reconnaitre qu’il y avait de fortes chances pour qu’elle se soit en effet endormie. Encore à moitié dans le gaz, elle tourna la tête vers Scott qui dormait toujours profondément, et leva leurs mains jointes vers ses lèvres, par habitude, y déposant un baiser. « Scott ? » Relâchant sa main à regret, elle lui caressa la joue, timidement, et il ouvrit les yeux. Peu de temps après, la voiture s’immobilisa et tandis que Scott en sortait, Aby, elle, dut calmer Sega qui tournait dans tous les sens et était excité comme une puce. Avec une femme enceinte à côté de lui, et dans un endroit inconnu, ce n’était pas l’idéal. Étonnée, elle regarda Scott lui ouvrir la porte. « Stay, Sega. » Avec un gémissement plaintif, l’animal obéit et s’assit sur la banquette, le temps que sa maitresse sorte de la voiture. Ce qui, avec un ventre énorme, n’était pas toujours une mince affaire. Après avoir récupéré la laisse, elle put enfin libérer son chien qui, une fois hors de la voiture, inspecta les environs, reniflant l’air, les oreilles tremblant en entendant les oiseaux. Elle-même observa les lieux. La maison avait l’air joli. Mais… Ils étaient seuls, et isolés. Et elle ne pouvait s’empêcher de ressentir de l’anxiété. Alors que tout était grand et ouvert, elle avait l’impression… D’étouffer, d’être prisonnière, observée. Fermant les yeux, elle tenta de se raisonner et inspira profondément.

- J'ai l'impression d'être à Raetea. Waaaoh.

Hein ? Les sourcils froncés, elle fixa son mari. Les policiers, après un rapide tour des lieux, venaient de les abandonner là et… Il semblait… à l’aise. Si elle avait été agressée, c’était à présent lui qui était en danger. Et pourtant il semblait serein, ici. Sega à ses pieds, elle regarda à nouveau les arbres qui les entouraient. Les bruits de la voiture éteints, les seuls sons qui lui parvenaient étaient ceux du vent et des oiseaux. Un petit paradis sur terre. Sans réseau, sans contact avec l’extérieur. Juste Sega, Scott et elle. Sa gorge se noua, et elle retourna à l’intérieur, refermant la porte derrière elle. « Franchement, je rêve d’une bonne bière. Mais un jus de fruit fera l’affaire. » Les portes fermées, elle détacha la laisse du collier de Sega qui sans attendre fit le tour de la pièce, pour tout renifler. Avec une grimace, elle ôta ses chaussures. Merci rétention d’eau de rendre mes pieds énormes. La maison, de plein pied, n’était pas bien grande mais était très lumineuse ce qui était très agréable. Pièce à vivre, cuisine, chambre, salle de bain. Le grand luxe. Un lit. Merde. Avec un soupir, elle revint dans le salon et se laissa tomber dans le canapé. Au moins ils avaient la télévision. Restait à voir ce qu’ils captaient comme chaines, s’ils en captaient. Il y avait aussi quelques DVDs, génial.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Lun 15 Juin - 22:36

Raetea. La terre de mes ancêtres. Oh, ils ne viennent pas de Raetea même, mais c'est une immense forêt au nord de l'île du Nord, et presque à l'extrémité de la péninsule, vers Cape Reinga. Pendant les vacances, on y allait souvent. Avec mes frangins, on y construisait des cabanes, avec mes soeurs on se coursait sur des kilomètres, c'est comme ça qu'on est devenu sportifs aussi, on était bons, on galopait pas mal pour des gamins. On y campait et les parents nous laissaient même plusieurs jours. Mon grand frère avait passé 18 ans évidemment. Raetea, c'est une forêt assez primitive, mais elle n'est pas une forêt tropicale, c'est une forêt comme on les connait, avec pas mal de différentes espèces d'arbres. Je l'aimais bien cette forêt, ça me rappelle des bons souvenirs. De très bons souvenirs. Des souvenirs mélancoliques, mais des bons souvenirs, oui.

- Un jour... on... je t'y emmènerais... si tu veux.

J'aimerais bien, oui. J'aimerais vraiment... si tout était comme avant, si elle n'avait pas été... Je soupire en allant dans la cuisine pour farfouiller dans le frigo. Un jus d'orange? Il y a. Je sors la bouteille et lui verse un verre bien rempli. Quand je replace la bouteille, je sors une bière. Puis j'apporte le verre dans le séjour pour le tendre à mon épouse. Moi aussi je me laisse tomber dans le canapé, à ses côtés, même si il y a comme un fossé qui nous sépare. Un énorme et terriblement vide entre nous. Je suis tiraillé entre l'envie irrépressible de la prendre dans mes bras et le fait de ne pas bouger, de rester là, comme un imbécile. Le manque de sommeil, la douleur et très probablement l'incompréhensible situation dans laquelle nous sommes me font décider de ne pas bouger. Je suis trop fatigué. Je déguste quelques gorgées de bière avant de laisser ma tête retomber sur le dossier du canapé. Séga en profite pour venir quémander des caresses.

- Est-ce que... Je commence ma question, mais en fait, je ne sais même pas trop quoi demander. Est-ce que tu veux qu'on reprenne la conversation, ou bien... on attend la fin de... cette histoire? Là, y'a personne qui viendra nous interrompre. Mais j'avoue que si ça se passe mal... ça va être difficile de vivre ensemble le temps de l'enquête. J'aurai pas dû rattraper cette bière... J'ai pas réussi à retenir ma langue. Oui, j'aurai jamais dû rattraper la bouteille de bière. Je ne l'aurai pas fait... Aby n'aurait jamais été... J'en ferme les yeux. Je n'ai jamais voulu que ça t'arrive, Aby, je suis désolé... tellement désolé.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Mar 16 Juin - 19:25

Dire qu’elle avait refusé de le suivre en Nouvelle-Zélande juste à cause de son travail. À présent, tout cela lui semblait bien futile. Enfin au moins, ce n’était pas à cause dudit travail qu’elle s’était faite agresser. Si tel avait été le cas… Elle s’en serait voulu plus encore que ce n’était le cas. Après un dernier regard vers la forêt qui serait leur refuge jusqu’à ce que son agresseur soit interpellé, Aby tira Sega à l’intérieur de la petite maison et la libéra, le laissant courir dans tous les sens, comme il le voulait. Il ne devait pas comprendre. Pour lui, c’était probablement des vacances, ou une promenade prolongée. Il ignorait les risques qu’ils encouraient à San Francisco, ignorait l’anxiété qui la possédait depuis des mois, même s’il avait été un soutien non-négligeable depuis ce fameux soir. Elle avait même eu l’impression, parfois, qu’il ressentait sa peine et sa peur. Elle aimait cet animal. Pas seulement parce qu’elle adorait les chiens, ni même uniquement parce qu’il lui avait été offert par Scott. Sega, c’était un peu… Son enfant. Leur enfant. À tous les deux, contrairement à celui qui grandissait chaque jour un peu plus dans son ventre. Après un rapide tour des lieux, elle finit par se laisser tomber dans le canapé, rapidement rejointe par Scott. Enfin, rejointe… Il avait beau être assis à ses côtés, il lui semblait à des années lumières de là. Seuls quelques centimètres pourtant séparaient leurs cuisses, sur le canapé.

- Est-ce que... Son verre de jus d’orange en mains, elle fronça les sourcils, ne voyant pas la suite venir. Elle tourna un instant la tête vers Scott, jusqu’à ce que celui-ci finisse par lâcher le morceau. Oh. Ce fut précisément la première pensée qu’elle eut. Oh. Elle aurait pu lui demander de quoi il parlait – après tout il n’avait pas été très clair ou précis – mais c’était inutile. Détournant la tête, elle baissa les yeux vers son ventre. Elle qui n’était pas bien grosse avant, sans être squelettique, elle avait l’impression d’être une baleine – oui c’était exagéré et elle en était consciente. Voulait-elle reprendre la conversation où elle avait été interrompue ? Oui. Non. Non. Oui. À vrai dire, elle n’en avait pas la moindre idée. Où l’avaient-ils laissée, déjà ? Elle n’avait toujours pas répondu, quand Scott reprit la parole, la surprenant, et lui coupant le souffle. J'aurai pas dû rattraper cette bière... Tout son sang sembla déserter son visage. Elle se sentit – plus qu’elle ne se vit – blêmir. Cette bière. Celle qui avait tout changé. Je n'ai jamais voulu que ça t'arrive, Aby, je suis désolé... tellement désolé. Si elle n’avait pas été déjà assise, elle en aurait eu bien besoin. Pendant quelques secondes, elle se contenta de le fixer, lui qui avait les yeux fermés et semblait si… Coupable. Il se sentait coupable. Et cela lui donnait envie de pleurer. Luttant contre les larmes qui s’amoncelaient au bord de ses paupières, elle cligna des yeux puis se pencha pour déposer son verre intouché sur la table basse. « C’est pas ta faute. » Repliant une jambe sous l’autre, elle se tourna vers lui. « Scott… tu pouvais pas savoir. Et… Tu as bien fait de rattraper cette maudite bouteille. Ca aurait pu être grave, enfin… Plus grave… S’il avait été touché à la tempe ou… Je sais pas moi, ça aurait pu être grave. C’est pas de ta faute. » Bien sûr, c’était à cause de cette bouteille qu’elle était devenue sa prochaine victime, mais… Lentement, elle leva la main et vint lui caresser la joue. « Tu ne dois pas te sentir coupable… Moi, je ne te juge pas coupable. Je ne t’en veux pas, et je ne t’en voudrai jamais, pas pour ça. Pas alors que je suis carrément fière que tu ais attrapé cette bouteille qu’il aurait mérité de se prendre en pleine tête. » Doucement, elle secoua la tête, et redescendit sa main, pour la glisser dans la main libre de Scott. Sega à leurs pieds, elle releva finalement les yeux vers lui. Elle n’était plus sure de grand-chose, en cet instant. Garder l’enfant, ne pas le garder, était sa plus grande incertitude. Mais elle était sure qu’elle l’aimait. Encore. Toujours, et à jamais, comme ils l’avaient énoncé dans leurs vœux, lors de leur mariage. Elle était sure d’une autre chose encore. « J’veux pas te perdre, Scott. » Oui, ça n’avait plus vraiment à voir avec la bouteille qui avait changé leurs vies mais…


Dernière édition par Abigail L. Hooper le Dim 5 Juil - 20:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Mar 16 Juin - 21:51

C'est pas de ma faute, c'est pas de ma faute, mais si je ne l'aurai pas rattrapé, il ne s'en serait pas pris à Abigail. Ca voulait dire que mon coéquipier aurait mangé la bouteille, serait devenu borgne ou... j'en sais rien, mais si c'est pour protéger Aby, alors je préfère qu'il se fasse mal plutôt qu'elle. Oui, je suis mesquin, mais je tiens bien plus à mon épouse qu'à un ami d'équipe. Aby essaie de me convaincre, comme quoi, j'ai fait une bonne action. Ca fonctionne à moitié, parce que c'est vrai que déjà, je ne pouvais pas le savoir que ce... pourri s'en prenne à Abigail, et je ne voulais pas non plus que mon ami se fasse mal. Je sens sa main sur ma joue et j'ouvre les yeux, appuyant avec ma tête vers sa main, pour que le contact soit plus prononcé. Elle me manque tellement ces derniers temps. Tout ce que je veux, c'est retrouver ma femme. Je veux la prendre dans mes bras, la couver, l'embrasser, tout simplement parce qu'elle est ma moitié, parce que comme je l'ai promi le jour de notre mariage, je serais avec elle pour le meilleur et pour le pire. Avec cette pensée, je me rends compte que je ne fais pas honneur à ma parole. Je me mords à nouveau l'intérieur de ma joue. Je la laisse tomber alors qu'elle a le plus besoin de moi. J'ai été blessé, certes, mais... ce qu'elle a subi, c'est pas pire? Bien sur que si, c'est pire que tout. Oh, comme je m'en veux.

« J’veux pas te perdre, Scott. »

C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. C'est la dernière paille sur le chameau comme les Anglais disent si bien. En moins d'une seconde, je m'étais brusquement retourné vers elle, j'avais attrapé son visage à deux mains et j'étais en train de l'embrasser comme si ma vie en dépendait quand je me suis rendu compte de mon geste. Je suis à moitié à genou sur le canapé, penché au dessus d'Aby. Et à la fin du baiser, je ne m'écarte pas pour autant, le souffle court, les yeux fermés, mon front contre le sien, toutes mes émotions remontent à la surface et je ne sais pas comment gérer ça. J'ai oublié ma bière qui est tombée alors que Séga s'en va la renifler. Soyons franc, c'est le moment, y'aura pas d'autre possibilité de le faire et je crois que c'est maintenant que ça doit se dire. J'ai suffisamment de courage pour parler, oui, c'est ça, je dois finir de dire tout ce que j'ai sur le coeur, comme ça, je ne pourrais plus rien me reprocher.

- Aby, j'ai juré de prendre soin de toi, d'être là pour toi pour le meilleur et pour le pire. J'ai jamais voulu y faire faux bond. Et je ne tiens pas à rompre cette promesse. Depuis le lycée je veux faire ma vie avec toi, fonder une famille, avoir des enfants avec toi. Je ne veux rien d'autre... Mais cet enfant... nous tue. Tous les deux. Il nous sépare. Je sais que c'est une décision difficile, mais au lieu de nous souder, il a créé un gouffre. Accepter cet enfant, c'est... nous perdre. C'est un être que je ne connais pas, qui... qui vient de quelqu'un d'autre, de quelqu'un qui t'a fait du mal, qui nous fait toujours du mal. Même si on gardait cet enfant, je... je vivrais avec... constamment. Et ça... je ne suis pas prêt de l'accepter... Peut-être que j'y arriverais, mais rien est certain. Je ne veux pas voir tous les jours mon enfant et me dire que c'est pas le mien.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Jeu 18 Juin - 20:44

Dire qu’un an plus tôt, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes… On dit souvent qu’il faut profiter du présent parce qu’on ne sait jamais, que la roue pourrait tourner le lendemain… C’était bien vrai. En un jour. Même pas. En une demi-heure, tout avait changé. S’il n’y avait pas eu ce viol, Scott et elle se seraient rabibochés sous la couette, à son retour, et se seraient promis de ne plus jamais se disputer. Mais à cause de ce type… Avec un sursaut, elle retira sa main quand Scott se tourna vivement vers elle. Avait-elle été trop loin, en lui prenant la main ? Oh. Non, visiblement pas. Quand les lèvres de son époux se posèrent sur les siennes, elle resta un instant sous le choc, les yeux grands ouverts. Mais elle avait attendu ce moment depuis bien trop longtemps. Un soupir de bien-être lui échappa et elle lui répondit plus franchement. Retrouvant les bonnes vieilles habitudes, elle bougea sa jambe et se laissa tomber en arrière dans le canapé tandis qu’il la poussait doucement. Cette danse, son corps la connaissait par cœur. Il avait tant manqué. Grossesse oblige, aussitôt, ses hormones se mirent à faire la fête. Haletante, elle garda les yeux fermés, comme il mettait fin au baiser sans pour autant se reculer. Toutes les cellules de son corps l’appelaient. Aby, j'ai juré de prendre soin de toi, d'être là pour toi pour le meilleur et pour le pire. J'ai jamais voulu y faire faux bond. Et je ne tiens pas à rompre cette promesse. Depuis le lycée je veux faire ma vie avec toi, fonder une famille, avoir des enfants avec toi. Je ne veux rien d'autre... Oh, doux espoir… Rouvrant les yeux, elle fixa son visage fermé, son front toujours collé au sien. Son cœur se mit à battre plus vite encore. Cela signifiait-il qu’il acceptait qu’elle garde l’enfant ? Qu’elle n’avait plus à choisir ? L’espoir gonflait en elle, jusqu’à ce qu’il reprenne la parole, et qu’elle sente à nouveau son cœur se serrer, comme écrasé par un poids d’une tonne au moins. Mais cet enfant... nous tue. Tous les deux. Il nous sépare. Je sais que c'est une décision difficile, mais au lieu de nous souder, il a créé un gouffre. Accepter cet enfant, c'est... nous perdre. C'est un être que je ne connais pas, qui... qui vient de quelqu'un d'autre, de quelqu'un qui t'a fait du mal, qui nous fait toujours du mal. Même si on gardait cet enfant, je... je vivrais avec... constamment. Et ça... je ne suis pas prêt de l'accepter... Peut-être que j'y arriverais, mais rien est certain. Je ne veux pas voir tous les jours mon enfant et me dire que c'est pas le mien. Il n’acceptait pas l’enfant. Pire encore, il lui faisait à nouveau comprendre que si elle voulait garder sa fille, elle le perdrait, lui. L’homme de sa vie. Le seul qu’elle ait jamais aimé. Les yeux humides, perdue, elle le fixa encore et encore. Les larmes lui montaient aux yeux, signes de sa profonde détresse. Pour les refluer, elle ferma les yeux et se concentra sur sa respiration. Ne pas paniquer. Ne pas paniquer. Ce n’était pas bon pour l’enfant. Et en plus, elle était perdue au milieu de nulle part. Au bout de plusieurs secondes, elle repoussa doucement Scott et s’assit sur le bord du canapé. Elle en revenait au point de départ. Faire un choix. Relevant la tête, et rouvrant les yeux, elle chercha quelque chose. Avisant un meuble, elle se leva et l’ouvrit. Une minute plus tard, elle en sortait un calepin et un stylo. Cela ferait l’affaire. En silence, elle revint près du canapé et s’assit par terre, le calepin posé sur la table basse. Elle y traça quatre colonnes. Puis y inscrivit des titres. Voyant le pied de Scott bouger, dans le coin de son regard, elle l’en empêcha en lui attrapant la cheville. Qu’il reste. Elle en avait besoin. Elle lui lança d’ailleurs un regard suppliant. Ce qu’elle faisait… C’était la chose la plus dure qu’elle ait jamais faite. Elle avait besoin de lui, à ses côtés. Quand enfin, il se rassit, elle se tourna à nouveau vers sa feuille et y écrivit tout ce qui lui passait par la tête. Pendant bien cinq minutes, elle écrivit et réfléchit, en silence. Puis, quand elle eut terminé, elle se laissa retomber le dos contre le canapé, toujours assise par terre, en tailleur. Un soupir lui échappa.

Quatre colonnes. Deux choix. Par choix, deux colonnes. Pour, contre. Reprenant l’idée qu’elle avait eue dans la voiture, à l’aller, elle avait inscrit tous les bons points et les mauvais points de chaque hypothèse.

Si elle gardait l’enfant, elle verrait sa fille grandir. Mais elle perdrait Scott, et prenait le risque de repenser à jamais à son viol – quoiqu’elle n’était pas sure de pouvoir jamais l’oublier. Si elle acceptait de la faire adopter, elle ne la verrait pas grandir. Mais elle ferait le bonheur de personnes ne pouvant pas avoir d’enfants. La petite pourrait grandir sans savoir d’où elle était issue. Ou plutôt, de quoi. Et elle garderait Scott.

Elle garderait Scott. Ces neuf mois sans lui avaient été un enfer. Que serait une vie, sans son âme sœur ? Un frisson la parcourut. Elle ne pouvait pas s’imaginer vieillir sans lui. Alors des larmes lui montèrent à nouveau aux yeux. Si elle avait cru avoir pris la bonne décision, en décidant de garder l’enfant avec elle, elle venait de se rendre compte que la meilleure solution était peut-être l’inverse. Elle regarda encore sa liste, et songea à quelque chose. Si elle confiait l’enfant à l’adoption mais qu’elle pouvait garder des contacts… Elle pourrait la voir grandir. Et garder Scott. Elle se mordilla la lèvre puis leva les yeux vers Scott. Si elle pensait que dresser cette liste était la chose la plus dure à faire, elle se trompait. Tant bien que mal, elle se releva – quelle idée de s’être mis par terre ! – et se rassit dans le canapé. « D’accord. » Se rendant compte qu’elle aurait besoin d’être un peu plus clair, elle prit une profonde inspiration et se tourna vers lui. « Je peux pas vivre sans toi. J’ai cru… Un instant que j’y arriverais, si vraiment, tu ne voulais plus de moi mais… C’est Aby et Scott. Pour toujours et à jamais. Je suis rien sans toi. Alors… Je veux bien qu’on se renseigne pour… L’adoption… J’aimerais juste… Pouvoir garder des contacts avec elle. Pas vivre avec elle, ou la voir toutes les semaines mais… Avoir des nouvelles, de temps en temps. Je sais pas si c’est possible, je pense que ça l’est… Mais la confier à d’autres personnes et ne plus rien savoir ensuite… » Ce serait comme si on lui avait arraché une partie d’elle. Même si cet enfant était le produit d’un viol, il n’en restait pas moins qu’elle avait réussi à s’attacher à cet enfant. Timidement, elle leva les yeux vers lui, espérant qu’il comprendrait qu’elle avait plus que jamais besoin de lui, et que les mois à venir seraient pires encore que les précédents, pour elle.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Sam 20 Juin - 10:50

Je ne sais pas trop ce qui m'a pris. Le stress, l'envie, le manque, parce qu'elle est tout simplement ma femme. Je ne sais pas, mais qu'est-ce que ça fait du bien. Ca m'a tellement manqué, pourquoi on se fait autant de mal? Je devrais pardonner, oublier, passer à autre chose, me dire que tout ça, c'est derrière nous et comme ça on repartirait du bon pied. Mais quelque chose m'avait retenu. Quelque chose de sombre, qui a fait ressortir le pas bon dans ma tête et ça, ça j'ai pas aimé. Quand je suis à l'étranger, je pense à Aby tous les jours, mais je sais que je vais la revoir bientôt, j'en compte les jours sur un calendrier. Mais cette année... cela s'est mal passé. Nous nous sommes disputés juste avant de partir. Et du coup, ça a été difficile, oui. Et quand je suis rentré... Ca a été la catastrophe. Aby me manque, oui. Terriblement.

Alors ce baiser, c'est comme... une rédemption, je sais pas. Quelque chose de tellement puissant. J'en avais tellement envie. Non, j'en avais besoin! Oui, c'est ça. Pour me retrouver, pour la retrouver, j'en avais besoin. Je ne sais pas comment elle va réagir. Mais elle ne me repousse pas. Bien au contraire, elle répond au baiser avec tout son être. Oh oui, nous nous retrouvons, en un seul baiser, en quelques petites secondes seulement. C'est suffisant. Quand je me recule un tout petit peu, je n'en reviens pas d'avoir fait ça. Et puis, sans tarder, je lui dis ce que j'ai sur le coeur. Je me répète, mais j'y tiens, je veux qu'elle comprenne que je n'ai aucun amour pour l'enfant à venir. Je ne veux rien avoir avec lui et surtout, ça me révulse. J'ai eu de quoi méditer en passant ces longues semaines tout seul. Je veux qu'elle le comprenne. Je tiens vraiment à ce qu'elle le sache, car il n'y a que mon amour pour Abigail qui me fait rester ici. Mais je ne peux pas penser à un futur commun si... si elle garde cet étranger qui pousse en elle.

Mais Abigail ne dit rien, elle se contente de fermer les yeux. Je ne sais pas ce que je dois faire. Suis-je allé trop loin? J'en sais rien. Mais je ne peux pas rester si elle garde l'enfant, je me suis posé la question un milliard de fois et dans toutes les situations. Quand j'étais fatigué, quand j'étais à tête reposée, le soir, le matin, au boulot, en repos... Et à chaque fois, je repoussais l'idée. Ce n'est pas mon enfant. Je ne peux pas. Je ne peux vraiment pas. Je suis là, uniquement pour Aby. Finalement, alors que je pensais qu'elle s'était endormie, elle me repousse pour aller farfouiller dans un meuble. Je ne comprends pas vraiment, mais je reste sur le canapé. Elle s'installe par terre. Bon, bah, j'ai dû pas dire les bons mots. Je vais pour me relever, mais elle m'en empèche. Je ne comprends vraiment rien. Je soupire en reprenant place dans le siège. Du coin de l'oeil, je vois que Séga est très intéressé par la bouteille de bière tombée. Heureusement, y'en a pas beaucoup qui s'est répandu par terre. Alors je me penche pour ramasser la bouteille.

« D’accord. »

D'accord quoi? Je suis surpris. D'accord quoi? De quoi elle parle? Aby s'est rassise dans le canapé. Elle explique alors son choix. On a essayé tous les deux de vivre sans l'autre, mais c'est impossible. On le sait désormais, tous les deux. Ensemble à jamais. Elle a bien compris que si jamais elle gardait l'enfant, je partirais. J'en suis intimement convaincu. J'aime Abigail, même si elle garde l'enfant, je l'aimerais, mais je ne pourrais pas vivre avec elle et l'enfant, non, ça je ne pourrais pas. Alors l'adoption? Elle n'est pas contre. A une condition. Avoir des nouvelles? Je sers la machoire, je ne veux pas briser ses espoirs, mais généralement les parents qui adoptent ne veulent aucun contact avec les parents biologiques de peur de perdre à nouveau leur enfant. C'est là tout le but de l'adoption. Aby pense que c'est possible? Je ne dis rien, je me contente de fixer le mur en face de moi. Mais elle a fait l'effort d'accepter. Alors je peux bien faire l'effort d'accepter, moi aussi, la vie de cet enfant. Quand je finis par reprendre la parole, je tourne la tête vers elle.

- Je te soutiendrais pour les démarches, je serais à tes côtés, si t'as besoin de moi, mais pour ce qui est de prendre des nouvelles, tu devras le faire toute seule. Je ne veux rien avoir à faire avec ça.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Jeu 25 Juin - 19:59

Trop perdue dans la contemplation de ses mains, Aby ne vit pas la mâchoire de Scott se crisper. Elle eut dès lors l’espoir que tout irait bien, à présent qu’elle avait pris cette horrible décision. Du moins, elle l’eut jusqu’à ce qu’il termine en disant qu’elle serait seule, pour les nouvelles de l’enfant. D’un coup, elle releva la tête vers lui, sous le choc. Il était sérieux, là ? Son cœur s’arrêta de battre, un instant, ou ce fut du moins l’impression qu’elle eut. Éberluée, elle détourna la tête puis se releva du canapé. Elle n’en revenait pas. Après plusieurs pas, elle se retourna vers lui. « Je fais… Un gros effort pour envisager l’adoption et toi, tu… » Incrédule, elle secoua la tête et se mit à regarder par la fenêtre. « Bon sang, je te demande pas d’aller au parc avec elle ou même de la présenter à ta famille ! Je ne parle même pas de la rencontrer ! J’aimerais juste… Recevoir de ses nouvelles par la poste, de temps en temps, je ne demande pas la lune ! Puis… Merde quoi ! Scott ! Tu crois pas que tu pourrais… Me soutenir un peu ? Tu dis que tu seras là mais la seconde d’après tu démens ta promesse ! » Oui, elle était en colère. Parce qu’elle avait besoin de lui ! Parce que cela faisait des mois qu’elle avait besoin de lui, et quand enfin elle pensait l’avoir retrouvé… Après un dernier regard, elle se détourna et alla s’enfermer dans la chambre sur laquelle donnait la salle de bain. Une bonne douche, elle avait besoin d’une bonne douche ! Sauf que c’était impossible. Avec son épaule en écharpe, et sa clavicule fracturée… Putain, elle aurait besoin de lui pour se laver les cheveux ! De colère et de fatigue, elle se mit à pleurer. Elle voulait juste… Que tout redevienne comme avant ! Quand elle pouvait compter sur lui, quand le regard qu’il posait sur elle n’était pas douloureux, voire même dégouté. Tout ça à cause d’un psychopathe et d’une bouteille de bière. Le corps secoué de tremblements et de sanglots, elle se laissa tomber, assise, sur le bord du lit. Elle avait besoin de lui. De son soutien, de sa présence, de son amour. Elle ne supportait plus cette distance qui s’était installée entre eux. Mais elle ne pourrait pas abandonner cet enfant sans garanties. Et soudain, un autre élément lui apparut. Si elle abandonnait son enfant, quelles preuves avait-elle que tout redeviendrait comme avant ? Ne risquait-elle pas de perdre son premier enfant et son mari ? Bon sang, pourquoi elle ? Pourquoi fallait-il que tout cela lui arrive à elle ?
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Jeu 25 Juin - 21:49

Je lui dis ma manière d'agir, une fois que l'enfant serait adopté. Que je ne voudrais pas avoir de contact, que ce n'était pas mon enfant, alors, non, je ne voulais pas de contact. Je l'ai peut-être dis un peu trop franchement. J'aurai pas dû. Car la réaction ne se fait pas attendre. Et merde. J'aurai dû fermer mon clapet. J'aurai dû ne rien dire, baisser la tête et lui dire que tout irait bien. J'aurai dû lui dire que je serais avec elle jusqu'à la fin et m'en tenir là. Mais j'ai continué. Quel c*n je suis. J'aurai pas dû lui dire ce que je pensais. Une fois au pied du mur, j'aurai pu lui dire que je ne le passerais pas ce mur et puis ça en serait resté là. Je soupire en voyant sa réaction, en entendant ses paroles. Impuissant, je reste prostré dans le canapé, alors qu'Abigail se lève difficilement et s'enfuit vers la chambre. Mon poing se serre de frustration. J'en ai plus qu'assez de ces hauts et de ces bas. Je me lève à mon tour, fais les cent pas dans cette pièce bien trop petite à mon humble avis. Je n'en peux plus. Je quitte la pièce et la petite maison, laissant Séga à l'intérieur. J'inspire un long moment juste en dehors. Les petits oiseaux batifolent dans les arbres. Il y a toujours ce bruit incessant du vent dans les ramures. C'est comme le ressac de la mer. Et puis, je soupire encore plus lentement que je n'ai inspiré. Je ne peux pas en vouloir à Aby. Elle a raison et en même temps... elle a tort. Moi aussi, je le sais. Mais m'enticher d'un enfant, une fille visiblement, je ne peux pas. Je ne peux pas.

- Alors, garde-la...

Je n'ai que murmurer, pour moi-même, pour évacuer ma frustration. Je soupire une nouvelle fois. Je fais un pas, puis quelques autres, m'enfonçant entre les arbres. Je ne vais pas aller bien loin, juste faire le tour de cette demeure de fortune. Je veux juste m'échapper, la tension entre nous est toujours aussi palpable. Je ne sais plus du tout quoi faire. Je ne peux pas accepter cette enfant. J'aurai tellement besoin de parler à mes parents, à mes frères et soeurs. Et si on la gardait? Je nie du chef. Je ne pourrais pas vivre avec, ça non. Mais c'est ce dont à besoin Aby. C'est elle qui souffre le plus. Oui, c'est ça. Gardons le bébé. J'agirais en conséquence le moment voulu. Aby a besoin de moi maintenant. Elle aura le bébé après, je pourrais partir. Elle m'oubliera. Je dois résister encore quelques temps. Et puis... bientôt, je repartirais et je n'aurai plus à vivre avec elles. L'idée de perdre définitivement Aby m'accable tellement que mes genoux me lachent et je tombe par terre, me retenant in extremis avec les bras. Toutes les larmes de mon corps, accumulées depuis des semaines de doutes finissent par surgir en fontaine sauvage de mes yeux dont le regard devient totalement flou.

Je ne sais pas combien de temps je me suis absenté, mais quand je rentre de nouveau dans la maison, il fait sombre. Mes larmes ont séché. J'ai retrouvré mon calme. Je soupire juste avant de pousser la porte. Bien... Qu'est-ce que... qu'est-ce qu'on fait désormais? Est-ce qu'Aby est sortie de la chambre? Oh oui, certainement, vu le temps passé de la journée. Séga m'accueille à la porte, j'entends du bruit, c'est donc qu'Aby n'est pas loin. Je m'assois à la table de la cuisine et j'attends à ce qu'elle entre dans cette pièce. La conversation n'est pas finie, tant qu'à faire, autant aller jusqu'au bout.

- Je me rends compte que... laisser cette enfant est difficile, peut-être trop, pour toi. Tu y es attachée, alors gard... gardons-la. Elevons-la... Faisons-la notre enfant.

Mon regard est déterminé, ma voix ne tremble pas. Ce que je viens de dire est un mensonge, horrible, je sais, mais je dois aimer ma femme, la protéger, pour le meilleur et pour le pire.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Dim 28 Juin - 23:18

Aby pleura de longues, très longues minutes durant, avant que sa vessie de femme enceinte, trop remplie, ne la force à se lever. Les yeux rougis et les joues humides, elle gagna la salle de bain et se regarda un instant dans le miroir, avant de détourner les yeux. Depuis des mois, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Et en cet instant, c’était pire encore que les jours d’avant. Une fois libérée de cette pression insupportable sous son ventre, elle regagna la chambre et, toujours en pyjama, se recoucha, sur le dos malgré son envie de se rouler en boule, sur le flanc. Son épaule guérirait mieux, si elle dormait sur le dos, qu’on lui avait dit. Du coup, elle ne pouvait pas se recroqueviller comme une petite fille. Après un soupir, elle tourna la tête vers la fenêtre et contempla un instant les arbres, au travers desquels filtrait le soleil.

La maison était calme, trop peut-être. En fermant les yeux, elle se demanda si Scott était toujours dans le canapé, si Sega s’était endormi, et bientôt, elle entendit une porte claquer. Elle sursauta et son cœur se serra. Au moins y avait-il peu de chance qu’il ne s’enfuie… Sur cette pensée, elle ferma à nouveau les yeux, et doucement s’endormit, épuisée par les larmes et l’angoisse.

Quand elle se réveilla, il faisait noir dans la chambre, et son estomac criait famine. Soudain, elle repensa aux nuggets de poulet qu’elle avait vus dans le frigo et se leva. Mais à ce même instant, la porte d’entrée de la maison s’ouvrit, et se claqua. Aussitôt, elle se figea. Elle ne craignait pas qu’il s’agisse de son agresseur. Il ne pouvait pas savoir où ils étaient. Il devait s’agir de Scott, surtout que Sega ne hurlait pas à la mort. Mais ce n’était pas moins inquiétant pour autant… Malgré cette inquiétude qu’elle ressentait à l’idée de le voir, elle reprit son chemin vers la cuisine, pour aller chercher ces fameux nuggets. En silence, elle s’avança et osa à peine lever les yeux vers Scott qui était installé à table. - Je me rends compte que... laisser cette enfant est difficile, peut-être trop, pour toi. Tu y es attachée, alors gard... gardons-la. Elevons-la... Faisons-la notre enfant. Au premier mot, elle s’immobilisa. Et à la suite, elle tourna la tête vers lui, incrédule. Avait-elle bien entendu ? Voulait-il vraiment… ? Petit-à-petit, les mots prononcés se firent un chemin dans sa tête. « Tu… T’es sérieux ? » Mais le choc passé, elle sentit une colère sourde poindre en elle. Elle détourna la tête, leva les yeux au ciel. Il ne voulait pas de cet enfant ! Quelques heures plus tôt, il lui répétait encore qu’il ne pourrait pas supporter sa présence, voire même son existence ! Et maintenant… « Putain, Scott… Tu peux pas… Changer d’avis tout le temps ainsi ! » Avant sa sieste imprévue, il ne voulait même pas avoir de ses nouvelles, et maintenant il voulait non seulement la garder, mais l’élever et être son père ! C’était… Incompréhensible. Tout en continuant de réfléchir, elle gagna le frigo et en sortit les nuggets de poulet qu’elle fourra au microonde, comme il était inscrit sur la boite. « Scott, c’est… C’est une décision importante… On peut pas changer d’avis toutes les cinq minutes… » Les mains posées sur le plan de travail, elle fixa la fenêtre. Bon sang, elle était perdue. Elle s’était forcée, un peu plus tôt, à prendre une décision, et maintenant voilà qu’il remettait tout en jeu ! Fatiguée, elle se passa les mains sur le visage, repoussa ses cheveux vers l’arrière puis se retourna pour s’appuyer contre le plan de travail et fixer Scott. Dire que tout était si facile avant…
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Mar 30 Juin - 10:07

Il y a quelque chose dont je me suis rendu compte tout en marchant dans cette forêt, c'est que... Aby ne voudra jamais se débarasser de l'enfant. Elle s'est attaché à ce petit être qui lui pousse dans le corps. Même s'il n'est pas de moi, même s'il est le fruit d'un viol. Je ne sais pas comment elle peut y arriver. Et il y a une autre chose dont je suis certain, c'est qu'elle préfère cet enfant à son mari. Je comprends très bien que cet enfant a le droit de vivre, qu'il n'a rien fait. Mais il n'est pas à nous. Je n'ai aucun amour pour ce bébé. Mais Aby y tient, comme à la prunelle de ses yeux. Et comme c'est elle qui a le plus souffert dans cette histoire, je me dois de la soutenir. Alors qu'elle le garde, ça sera comme... mon cadeau d'adieu... Je suis prêt à faire tellement de choses pour Abigail. Même à mettre mon nom sur l'acte de naissance pour lui verser une pension alimentaire, pour qu'elle vive mieux. Mais avec ce bébé, j'ai perdu ma femme, mon amie, mon amour, mon Aby. « Tu… T’es sérieux ? » On ne peut plus. « Putain, Scott… Tu peux pas… Changer d’avis tout le temps ainsi ! » Je soupire d'exaspération. C'est déjà pas facile à prendre ce genre de décision, alors non, je ne change pas d'avis tout le temps, je veux juste... qu'Aby soit heureuse. « Scott, c’est… C’est une décision importante… On peut pas changer d’avis toutes les cinq minutes… » Je soupire encore. C'est pas facile pour moi déjà de lui dire tout ça, maintenant, il faut que je m'explique?

- L'enfant que tu portes... tu... tu ne veux pas t'en séparer. Tu m'as demandé de t'aider, je t'aide. Tu n'en veux pas. Tu m'as demandé de prendre des décisions, j'en prends. Tu n'en veux pas. Je fais ce que je peux, avec les moyens que j'ai.

Aby est en face de moi, appuyé sur le bord du plan de travail. Mais depuis mon retour, je n'ai pas levé les yeux sur elle. Je ne veux pas lui mentir, mais là, c'est une étape tellement... difficile pour moi. Je n'ai pas le choix. Si je veux son bonheur, je dois lui mentir. Jamais elle ne sera heureuse si on abandonne l'enfant à l'adoption. C'est tellement évident. Je prends cela comme une défaite. J'ai voulu tout faire pour elle, mais l'enfant nous en empèche. L'enfant s'est mis en travers de notre route. Le pire c'est que... un viol, ça peut s'oublier, ça peut s'effacer, mais pas un enfant. Quoi qu'il arrive, ce bébé sera dans sa tête. Moi aussi, je peux être oublié. Une boule s'installe dans ma gorge. Je me lève et vais à la fenêtre, croisant les bras. Le "ting" du micro-onde me fait sursauter à moitié.

- Tu veux cet enfant, oui ou non? Si tu en veux, alors on la garde, si tu n'en veux pas, alors on l'oublie. Il n'y a pas de demi-mesure, Abigail. Si tu l'as met à l'adoption, tu n'entendras plus jamais parler... Tu veux la garder ou pas?

Tout en fixant un point invisible entre le carreau de la vitre et un bout d'arbre à l'orée de la forêt, j'attends la décision du jury. Je saurais alors si c'est mes derniers instants avec Abigail ou si elle m'en voudra pour le restant de mes jours. Quoi qu'il en soit, notre couple ne sera plus jamais pareil. Et dire que dans deux ou trois mois, je devrais repartir... Ca sera une bonne excuse pour ne jamais revenir...
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Mer 1 Juil - 22:26

Elle ne voulait pas s’en séparer ? Était-il présent quand elle lui avait dit accepter l’adoption ? Il lui semblait qu’il était là, puisqu’il avait même dit qu’il serait là pour elle ! Alors comment osait-il à présent prétendre… Qu’elle ne voulait pas de son aide ? Elle avait besoin de son aide. Elle avait besoin de lui, autant que d’air pour vivre. Pour lui, elle avait accepté d’abandonner l’enfant qui, bien qu’issu d’un viol, grandissait chaque jour un peu plus dans son ventre ! Son ventre ! Le sien. C’était elle qui la portait. Elle qui avait entendu son cœur battre pour la première fois, lors de l’échographie. Elle qui avait senti ses coups de pieds. Et pourtant, pour lui, elle avait accepté de l’abandonner. De la confier à d’autres personnes. Elle n’en revenait pas. Décider de confier l’enfant à l’adoption n’avait pas été facile, loin de là. Et maintenant, il… Les nuggets réchauffés, elle coupa le microonde et en sortit les morceaux de poulet, et les laissa refroidir, sur le plan de travail.

- Tu veux cet enfant, oui ou non? Si tu en veux, alors on la garde, si tu n'en veux pas, alors on l'oublie. Il n'y a pas de demi-mesure, Abigail. Si tu l'as met à l'adoption, tu n'entendras plus jamais parler... Tu veux la garder ou pas?

Pas de demi-mesure ? Tout, ou rien ? Comment pouvait-il… Était-il en train de sous-entendre que soit elle gardait l’enfant, soit elle le confiait sans possibilité d’avoir de ses nouvelles ? S’agissait-il là des deux seules hypothèses qu’il accepterait ? Tu veux la garder ou pas ? Oui. Non. Ce n’était pas si simple ! « Scott… Tout à l’heure, tu disais que tu ne supporterais pas… Que tu ne pourrais pas rester si je gardais l’enfant, c’est pour ça que j’ai accepté l’adoption, et maintenant… » Lentement, elle secoua la tête. « Je comprends plus rien. Que veux-tu ? Pourquoi avoir changé ainsi d’avis ? » Progressivement, elle s’était calmée, adoucie. Peut-être parce que pour une fois, la discussion ne tournait pas autour d’elle et de l’enfant. Bien sûr, le problème n’était pas réglé mais, pour un temps, elle n’y pensait plus. Et cela faisait un bien fou. Se décollant du plan de travail, elle s’avança vers Scott, le coinçant entre le meuble et elle. Levant les yeux, elle les planta dans les siens. Pendant quelques secondes, elle ne fit rien d’autre que le fixer, puis elle baissa les yeux et lui prit la main dans les siennes, lui caressant les doigts, le dos de la main, avec tendresse et émerveillement. Ces mains étaient si fortes. Elles l’avaient toujours faite se sentir en sécurité. Jusqu’ici, du moins. Lentement mais fermement, elle le força à poser sa main sur son ventre rebondi, maintenant la main en place, avant de relever les yeux. « Je sais que c’est incompréhensible… Mais j’aime cet enfant. Pour autant, si pour te garder, je dois l’abandonner, je le ferai… » Juste à cet instant, tandis qu’elle maintenait toujours la main de Scott sur son ventre, la petite donna un coup de pied. Il ne pouvait pas ne pas avoir senti ça.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Sam 4 Juil - 18:48

Pourquoi j'ai changé d'avis? Parce que la première hypothèse n'a rien donné. Alors faut bien trouver une autre solution. Qu'on la garde, oui, et je partirais après. Aby sera heureuse ainsi. Elle aura une bonne fin de grossesse et elle sera heureuse avec l'enfant. Je pourrais partir sans qu'elle ai à m'en vouloir pour toute la vie. On ne peut pas vivre avec l'ombre du bébé. Si on le met à l'adoption, Abigail sera tellement triste. Entre perdre l'enfant ou perdre son mari, je crois qu'elle sera moins triste si c'est moi qui part. Alors oui, je préfère partir, même si je l'aime de tout mon coeur et je l'aimerais pour le restant de ma vie. Mais je ne peux pas vivre ainsi. J'ai fait tout ce que j'ai pu. J'ai ravalé ma fierté d'homme, de protecteur, d'époux et... quoi que je tente, elle l'a rejeté. Aby m'a demandé de prendre une décision. Je l'ai fait, je lui ai dit de le laisser à l'adoption et même si elle accepte, elle veut le garder, en gardant contact. Ce n'est pas possible. Alors j'ai changé d'avis. J'ai changé d'avis.

« Je sais que c’est incompréhensible… Mais j’aime cet enfant. Pour autant, si pour te garder, je dois l’abandonner, je le ferai… »

Aby s'était approchée et avait attrapé mes mains. J'anticipe son geste et je veux retirer ma main, mais elle m'en empèche. Je fronce les sourcils, réitérant mon geste pour retirer ma main, mais je ne peux toujours pas. Elle aime cet enfant? Qu'elle le garde. Elle veut me garder? Elle veut l'abandonner? Elle refuse. Et puis soudain, je sens quelque chose contre son ventre. Ca ne vient pas de ma main, pas de la sienne. Ca vient du bébé. Un courant électrique violent me parcourt tout le corps et j'arrache ma main de toutes mes forces. Si fort que je la cogne contre le bord d'un meuble violemment.

- B*rdel de p*tain de m*rde!

Je m'éloigne d'un pas, qu'elle le veuille ou non, secouant ma main dans les airs pour tenter d'apaiser la douleur. Je me suis fais vraiment mal. Je continue de pester, cette fois en maori pour éviter qu'elle me dise d'arrêter de dire des gros mots. Je m'éloigne, traversant toute la pièce pour mettre le plus de distance entre ma femme et moi. Je vais être direct et malheureusement froid.

- JE... NE... VEUX... PAS... DE... CET... ENFANT. Que cela soit clair, Aby. Je reste uniquement pour toi. C'est toi que j'ai épousé, pas ton p*tain de violeur et encore moins la semence qu'il t'a fourré dans le ventre. Ca, ça va faire mal, je vais le sentir passer. Mais la colère est tellement puissante, je l'ai tellement muselée, qu'elle a usé de l'énergie du désespoir pour se libérer. Et en cette seconde, je n'ai plus aucune emprise sur cette colère qui me ronge. Tu m'as demandé de prendre une décision, j'en prends une. Je ne veux pas vivre, me levant tous les jours et te voir te morfondre parce que tu veux des nouvelles du bébé. Je reste pour toi. Tu souffres, je le comprends. Je ne peux pas imaginer la souffrance que tu subis. Tu aimes cette enfant? Très bien, garde-la. Je serais à tes côtés, jusqu'au jour où elle découvrira le monde. Mais il ne faut pas compter sur moi pour la voir grandir ou pour prendre de ses nouvelles. C'est un ultimatum, Abigail. Je sais que ce n'est pas une décision facile. Je le sais parfaitement. Je veux ton bonheur, c'est tout. Mais tu ne pourras pas vivre avec l'enfant et avec moi. Il faut choisir. Je ne veux pas que tu vives dans la mélancolie parce que tu as abandonné l'enfant et que tu le regrettes. Si tu l'abandonnes, tu l'oublies. Si tu la gardes... c'est moi que tu oublies.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Sam 4 Juil - 21:05

Il devait craquer. Il ne pouvait pas faire autrement. Comment résister à cette sensation d’un petit être donnant un coup de pied délicat – ou pas – de l’intérieur ? Preuve, s’il en fallait encore, qu’un être vivant grandissait là ? Pourtant, contrairement à la réaction qu’elle avait eue en entendant pour la première fois le cœur de sa fille battre, ou la première fois qu’elle avait senti son petit pied la heurter, il ne se mit pas à pleurer, il se recula brusquement, brutalement même, et se cogna durement contre le meuble de la cuisine, devant les yeux choqués d’Aby.

- B*rdel de p*tain de m*rde!

Un nouveau sursaut la parcourut, comme elle ne s’était pas attendue à une telle réaction. Sous le choc, silencieuse, elle l’observa s’éloigner tout en secouant la main pour faire passer la douleur. Et en l’entendant parler dans cette langue qu’elle ne connaissait toujours pas – sauf pour quelques mots – elle fronça les sourcils. Mais finalement, elle aurait préféré qu’il continue de parler en maori car ses paroles la figèrent et la gelèrent jusqu’au cœur. Chaque mot lui faisait l’effet d’un poignard. Et le coup final, fatal. Il ne resterait que jusqu’à l’accouchement ? Était-ce donc cela qu’il avait prévu, depuis le début ? Son changement de décision… C’était cela. Il n’avait pas décidé de rester et d’élever l’enfant comme s’il était le leur. Il comptait partir. D’un coup, l’air sembla lui manquer et elle ferma les yeux, pour ne pas voir la pièce tourner. À tâtons, elle chercha le plan de travail pour s’y appuyer. Tout ou rien. En pleine crise de panique, elle se mit à hyperventiler. Il allait partir. Si elle gardait l’enfant, il partirait dès l’accouchement. Et si elle abandonnait l’enfant, elle ne pourrait garder aucun contact. Et il reconnaissait lui-même qu’elle aurait du mal à oublier l’enfant, et le lui demandait néanmoins. Ses jambes flanchèrent et heurtèrent brutalement le sol. Était-ce trop demandé que de recevoir une lettre de nouvelles une fois par an ? Cela l’était visiblement pour Scott. Agenouillée sur le sol, une main par terre, l’autre sur son ventre, elle retrouva peu à peu le contrôle sur sa respiration et son corps. « Donc si je comprends bien, quoi que je décide, tu pars. » Si elle gardait l’enfant, il partirait. Et si elle le gardait, il ne supporterait pas de la voir attristée. « Dix années. Dix années, et ça te fait rien de tout envoyer valser ?! » Sega accouru à ses côtés, elle releva la tête, amère. « J’ai pas choisi ce qui m’est arrivé. J’ai pas choisi de m’attacher à cet enfant. Tu crois quoi ? Que je me suis fit que j’allais l’aimer juste pour t’emmerder ? Elle n’y peut rien ! Elle n’a rien demandé ! » Se relevant péniblement, un début de mal de crâne, elle attrapa ses nuggets. « Tu sais quoi ? Ouais. Tu m’as aidé à prendre ma décision. Je garde ma fille. Et si tu es prêt à partir, à moins que je fasse comme si rien ne s’était passé… Eh bien, pars. Je ne pourrai pas faire comme si rien n’avait eu lieu. Je me suis fait violer. Je suis tombée enceinte. Je ne pourrai pas oublier ça. » Son assiette de nuggets dans les mains, elle prit le chemin de la chambre, appelant Sega à venir avec elle, et s’y enferma.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Sam 4 Juil - 22:01

Comme la première fois à l'hôpital, la colère m'avait contrôlé, j'avais sorti tout un tas de... de méchancetés. Et alors qu'on dit que ça fait du bien de sortir ce qu'on a sur le coeur, mais c'est totalement faux. Bien au contraire. Ca fait bien plus mal. Je m'en veux maintenant. Je m'en veux terriblement. Ca me fait mal, au coeur, aux poumons, aux genoux, à la main. Alors que Aby tombe par terre, c'est la colère qui me fait tenir debout. J'ai tout balancé, je prie mes ancêtres maoris que j'aurai la force d'agir en conséquence, que c'est la meilleure des solutions. Et puis... J'attends...

« Dix années. Dix années, et ça te fait rien de tout envoyer valser ?! »

Dix ans? Après un rapide calcul, je me dis qu'en réalité, ça ne fait que 5 ans, un peu plus en vérité, qu'on est ensemble. Puisque la moitié de l'année, je ne suis pas là. Et c'est là que je me rends compte de la connerie que je viens de penser. Je mériterais une baffe magistrale. C'est surement l'amertume qui dirige mon cerveau. Le bébé n'y est pour rien? Mais nous non plus, on y est pour rien. Le bébé n'existe pas encore, elle n'est pas née! Elle n'a aucun droit! Encore l'amertume qui parle. Abigail se relève, sort ses machins du micro-onde. Et le couperet tombe.

« Tu sais quoi ? Ouais. Tu m’as aidé à prendre ma décision. Je garde ma fille. Et si tu es prêt à partir, à moins que je fasse comme si rien ne s’était passé… Eh bien, pars. »

Le reste de ses paroles, de ses gestes, tout ça, n'a plus aucune importance. Mon coeur vient d'éclater, comme on plante un couteau dans un ballon baudruche. PAF. BANG. PFFFFFUIT. En moins d'une seconde, Aby n'est plus là, Séga n'est plus là. Il n'y a plus de son, je n'entends plus le vent dans les arbres, je n'entends même plus les battements de mon coeur. Est-ce qu'il fonctionne encore? Je n'en suis même plus certain. La douleur qui irradie ma main n'est rien en comparaison de celle qui me torture la cage thoracique. J'ai été brute, je le reconnais, envers Aby. Mais je pensais que notre amour aurait été plus fort que tout. Visiblement, il y avait une personne dans notre couple qui aimait plus que l'autre.

Je me retrouve seul dans la cuisine. Il n'y a plus aucun bruit. L'atmosphère est immobile. J'étouffe. J'étouffe, moi aussi, j'ai l'impression de ne plus pouvoir respirer. J'hyperventile. Il faut que je sorte. Il faut que je parte. Non... Je ne partirais pas. Je n'ai pas le droit. Je dois soutenir Abigail dans la fin de sa grossesse. Elle a suffisamment souffert. Mais je dois tout de même sortir. Alors je me rends sous le porche, dehors, à l'air. Je ferme les yeux et respire lentement. Je m'assois sur les planches de bois du porche. Je frotte encore ma main endolorie. Quelques petits vaisseaux sanguins ont laché, tant l'impact a été violent et tout le côté devient bleu-violacé. Je pourrais me lever, prendre le chemin devant moi et marcher. Marcher jusqu'à croiser une voiture, retourner à San Francisco. Je m'en fiche que le type m'agresse. Il peut me tuer, je n'ai plus rien à perdre. Il m'a fait éloigner ma femme, ma vie. Qu'est-ce que je ferais à San Francisco? Plus rien ne me retient. Je pourrais accepter la proposition et partir pour la Nouvelle-Zélande. Plus rien ne me retient ici. Alors pourquoi je reste le derrière par terre? Parce que j'aime tellement Aby. Le dos contre le mur, je ferme les yeux. Je reste... pour Aby.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Sam 4 Juil - 23:56

Pars. Pars. Elle lui avait dit de partir. Elle lui avait dit de… Debout à côté du lit, elle s’y laissa tomber, sous le choc de ce qu’elle venait de faire. Sega ne comprenait rien. Pourquoi était-il enfermé dans la chambre ? Son regard passait de la porte à sa maitresse, sans cesse. Quant à Aby… Elle n’avait plus faim du tout. Abandonnant ses nuggets sur le lit, à côté d’elle, elle leva les mains vers son visage et les y posa, restant immobile de longs instants. Pars. Pars. Comment avait-elle pu lui dire cela ? Elle ne voulait pas qu’il parte ! Elle voulait qu’il reste. Encore. Et à jamais ! Sauf que… Ce n’était pas possible. Ce n’était plus possible. Elle ne pouvait pas oublier ce qui lui était arrivé. Elle ne pourrait jamais oublier. Tout ce qu’elle pourrait faire, c’est apprendre à vivre avec. Elle aurait préféré le faire avec lui. Mais visiblement il ne l’aimait pas suffisamment. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle se mit à pleurer en silence, tandis que Sega se mettait à chouiner, en voyant sa maitresse flancher une nouvelle fois. Ces derniers temps, il avait souvent été le témoin de baisses de moral. Et aussi bien que les mâles humains, il n’aimait pas trop cela. Pour autant, il s’avança vers elle, renifla ses mains toujours posées sur son visage, puis les lui lécha, avant de poser sa tête sur sa cuisse. Aby, Sega et le bébé. Encore. Comme ces sept derniers mois. Comme les mois à venir. Relâchant ses mains, elle caressa le crâne de l’animal puis soupira. Même si elle n’avait plus faim du tout, elle devait manger. Si elle ne le faisait pas pour elle, elle devait le faire pour l’enfant. Alors, même froids, elle mangea ses nuggets. Et quand elle eut terminé son assiette, elle la déposa sur la table de chevet, et se recoucha. Encore une fois, elle partagerait son lit avec Sega… Et bien qu’elle aime son chien, cette idée la déprimait énormément. C’était une chose quand Scott était à l’autre bout du monde, mais c’en était une autre quand il était dans la pièce voisine. Dire qu’ils venaient de… Venaient-ils vraiment de rompre ? Cette pensée la paniqua et elle eut l’impression que l’on venait de lui arracher le cœur. Jamais elle n’avait imaginé que cela leur arriverait un jour. Mais il fallait croire que tout était possible. Scott et Aby, c’était fini. Tout ça, à cause d’un connard psychopathe qui aimait traumatiser les femmes de sportifs professionnels, tout ça parce qu’il avait raté sa carrière pro. Rampant sur le ventre, Sega s’approcha du ventre arrondi et le renifla. Cet enfant n’y était pour rien. Cela, c’était bien vrai. Fermant les yeux, elle se prit à imaginer ce à quoi elle ressemblerait plus tard. Et finalement, elle s’endormit.

Quand elle se réveilla, le lendemain matin, le soleil illuminait la chambre. Sega était toujours endormi, sur le dos, la langue passant par sa gueule ouverte. Quel pacha. Il lui arracha un sourire. Le laissant dormir, elle se leva puis entrouvrit la porte qui donnait sur le salon, en tâchant de ne pas faire de bruit, pour voir si Scott dormait dans le canapé.
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MessageSujet: Re: La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]   Dim 5 Juil - 21:56

Mais qu'est-ce qu'il nous arrive? Je suis totalement perdu. Nous avons totalement perdu le contrôle de nos vies. Aby a été agressée et moi, je me sens tellement... en colère. Ca ne veut pas partir. Contre son agresseur, contre le monde, contre elle, contre moi... Je n'arrive pas à gérer ça. Je veux partir, partir loin. Mais je ne veux pas lui faire faux bond. Elle me l'a suffisamment répété. Je dis des choses et je ne les fais pas. Alors j'ai décidé que je resterais. Au moins jusqu'à son accouchement. Comme ça, elle ne sera pas seule. Après... Après, je partirais, elle sera plus heureuse avec l'enfant, qu'avec moi. Je pense que je prends la bonne décision. Ca va être incroyablement difficile jusqu'à l'accouchement. Mais j'ai promis. Et puis de toutes manières, la police nous a dit de rester là, jusqu'à ce qu'ils coincent le fumier qui s'en ai pris à Abigail.

Il fait sombre et trop frais quand je reviens sur terre. Le bois s'est assagi. Le vent s'est calmé, les oiseaux se sont tus. Est-ce que j'ai dormi? C'est probable. Je balaie l'endroit du regard. La forêt qui était à l'origine oppressante, puis famillière est devenue totalement étrangère. Je frissonne. Je ne sais pas quelle heure il est. J'en oublie même de regarder ma montre. Mais la première chose que je fais, c'est de bailler. Je me redresse. Allez, vaut mieux rentrer sinon je vais attraper froid. Quand je rentre dans la petite cabane qui nous sert de logis, tout est calme. Aby n'est visiblement pas sortie de la chambre et Séga est je ne sais où. Je soupire. Bon, bah... c'est le canapé qui me servira de lit alors. Pas de couverture? Tant pis.

Je m'allonge sur le dos, fixant le plafond. Je sens que je ne vais pas tarder à m'endormir. Et dire que je devrais travailler cette nuit. Peut-être pour une des dernières fois. Je ne sais pas encore si je vais vraiment partir, mais désormais, je vais y penser. En tournant la tête, je tombe sur le papier d'Abigail. Je le ramasse et fronce les sourcils, lisant ses listes. A un endroit, c'est écrit que si elle gardait l'enfant, elle me perdrait. Elle le savait déjà, je le lui avais déjà dit, c'est vrai, à l'hôpital. Je soupire. Je repense aux paroles de mon beau-père. Il a raison, bien entendu, mais... ce n'est pas mon enfant. Et la voir tous les jours, je ne pourrais pas le supporter. Je chiffonne le bout de papier et le balance loin de là. Je ne suis pas en colère contre le fait qu'Aby a fait une liste, non. Je suis en colère, parce qu'elle a pensé à un moment à nous séparer.

J'aime Aby. Et à aucun moment je n'ai mis en doute cette hypothèse. J'ai pensé à vivre sans Aby, bien entendu, mais... jamais, jamais je n'ai pensé mettre l'enfant avant Aby. Or, c'est ce qu'elle a fait. Donc, à un moment, elle l'a aimé plus qu'elle ne m'aime. Ce qui signifie que je l'aime bien plus qu'elle ne m'aime. Désormais, ses dires quant au fait qu'elle voulait me protéger en taisant la vérité. Aaaaah, non, non, non... Je ne dois pas penser à ça. Et c'est sur cette frustration que je m'endors. Et bien évidemment, mon sommeil n'est pas léger, noyé dans les doutes, les craintes, les remords, la colère... Et cela dura jusqu'au petit matin. Un grincement, très probablement de porte, me réveilla en sursaut. Pendant quelques secondes, j'ai besoin de reprendre mes repères. Ah oui, la maison pour la planque... le canapé... l'engueulade avec Aby. Je soupire en m'asseyant sur le canapé. Je baille à nouveau. J'ai l'impression d'être encore plus fatigué que la veille.

Je finis par me lever. Il n'y a pas de bruit dans la maisonnée, peut-être qu'Abigail dort encore. Je vais à la cuisine. Pas de changement. Oui, Aby dort probablement encore. Je soupire, ça va être une longue journée. Alors pour éviter tout conflit et pour laisser Abigail tranquille, je m'en retourne dehors, sous le porche. Je ramasse un bon bout de bois et je sors un petit canif de ma poche. Je commence à sculpter le morceau de branche, assis par terre, sur le plancher du porche. J'ai besoin de retrouver mes racines. Mes ancêtres, ma famille, mon pays. Sans le vouloir et probablement sans le savoir, je commence à chantonner un air bien connu des maoris.


- E tangi ana koe
Hine e hine
E ngenge ana koe
Hine e hine

Kati tö pouri rä
Noho i te aroha
Te ngäkau o te Matua
Hine e hine


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La petite maison dans la prairie, remake [Abigail]
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