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 Oh good morning, will you just wait until i die ? + Cameron & Elsa ♥

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Elsa McMahon



∞ Date d'inscription : 07/01/2015
∞ Messages : 146

MessageSujet: Oh good morning, will you just wait until i die ? + Cameron & Elsa ♥   Jeu 23 Juil - 1:58

partie un:
 

Cameron ♥
break the silence

Dans la vie, on n'est jamais préparé à rien. Alors qu'on essaie, pourtant, d'être préparé. On va a l'école pour se préparer à être des êtres de culture. On va au collège et au lycée pour se préparer à être des adultes. On va à l'université pour se préparer à être des adultes décents. Et en plus de ça, on se prépare à la vie au fur et à mesure, en apprenant dans les livres et les expériences. Mais on ne nous a jamais appris à vivre sans nos proches, et c'est pour ça que c'est si dur de perdre quelqu'un. On ne nous a aussi jamais appris à vivre avec un membre ou un sens en moins, et c'est pour ça qu'on continue à vivre notre vie en sachant que tout est possible et que tout peut arriver, mais en espérant inconsciemment que ça n'arrivera jamais. Carlisle est bien devenu aveugle, et je me suis efforcée à être positive en sa présence. Je lui ai affirmé que c'était grave, mais peut-être pas si grave que ça. Je lui ai dit que c'était tout un nouveau monde qui s'ouvrait à lui... Mon dieu, qu'est-ce que j'ai été conne.

Je n'étais pas prête à devenir sourde. Oh, pardon, j'exagère. On ne dit pas sourde, on dit malentendante. Après l'explosion, j'ai été conduite à l'hôpital en ambulance. Luna n'a pas pu rester, mais elle a appelé mes parents pour que je ne sois pas seule. Par chance, ma mère était à la maison. Mon père est sur un autre continent pour les affaires, et mon frère est au Mexique avec sa copine. Dit comme ça, j'ai l'impression d'éprouver de la rancune envers eux alors que pas du tout. Mais bref. Ma maman est arrivée très vite, pile au moment où l'infirmière finissait de nettoyer comme elle pouvait le sang séché de mes oreilles. J'ai enfilé une magnifique robe de l'hôpital et on m'a conduite au service ORL (oto-rhino-laryngologie) de l'hôpital. Outre les chirurgies du nez, ce service n'est pas très fréquenté et un médecin m'a tout de suite pris dans son cabinet. Il a sorti plusieurs instruments et très sincèrement, ce n'est pas très agréable à vivre. Tout n'était que sifflements et douleur. Mais j'arrivais à entendre ce qu'ils se disaient, parce que la pièce était calme et que je savais sur quoi me concentrer. Et ils se sont mis à chuchoter, et j'ai commencé à pleurer. Ma mère m'a regardé avec un air horrifié et est venue passer un bras dans mon dos. J'ai vaguement compris qu'elle affirmait à mon médecin que l'argent n'était pas un problème, et il a acquiescé. Puis il a fait rouler son tabouret en face de moi, a forcé son regard dans le mien et un léger sourire rassurant s'est affiché sur ses lèvres. Oui, ça se voyait que ce n'était pas lui qui était devenu sourd. « Elsa... Est-ce que vous m'entendez ? » J'ai acquiescé. Oui, je t'entends parce que tu parles fort. Mais en même temps je me sens agressée alors je pleure. C'est normal. « Je pense que vous l'avez compris mais je dois tout de même vous l'annoncer : l'explosion vous a fait perdre l'ouïe. Pas entièrement, ce qui est une bonne nouvelle. Nous allons être en mesure de vous fournir très rapidement des appareils qui vous permettront d'entendre correctement de nouveau. » Woaw. La bonne nouvelle de malade. « C'est génial ! » Je suis sarcastique. Ma voix sonne toujours bizarrement à mes oreilles et je cligne plusieurs fois des yeux. C'est vraiment très désagréable. Il grimace un peu avant de poursuivre. Une opération sera possible mais plus tard seulement. Il faut laisser le temps à mes tympans de cicatriser. Et puis maintenant on va faire d'autres tests pour savoir à quel point je suis sourde, et d'autres pour les appareils. Et blablabla. Ce n'est pas la fin de ma vie et il ne faut pas que je prenne peur. Ta gueule.

Alors moult tests on a fait. J'ai été docile tout le temps, j'ai fait tout comme on m'a dit. Maman McMahon est restée près de moi, et elle a même fait l'effort de ne pas répondre à ses appels. Au moins, sur ce coup là, je ne me suis pas sentie trop seule. Mais le pire dans l'histoire, outre les sifflements et le nouveau son perturbant de ma voix, ce sont les gens qui crie. Ils sont obligés, je sais. Mais j'aime pas ça, ça me donne vraiment envie d'aller me jeter du Golden Gate. Mais peu importe. Le docteur a dis que cette situation ne devrait pas durer, juste le temps que j'obtienne mes appareils... Qui dit en passant, sont super moches. Mais je n'ai pas le droit de me plaindre. Présentement, je suis dans une chambre d'hôpital. Ma mère est descendue à la cafétéria pour aller nous chercher à manger. J'ignore l'heure qu'il est. Je suis juste seule, à essayer de ne pas pleurer et d'entendre au dessus des sifflements. Mais le fait est que je suis sourde à 80% et que ça va être difficile. On frappe à la porte, je crois. Puis elle s'ouvre et c'est chargée d'un plateau repas que ma mère arrive. « J'ai frappé mais... » Elle grimace. Oui, non, ne finis pas ta phrase ça va être gênant autant pour toi que pour moi. J'acquiesce et la laisse poser le plateau sur le lit. « Je suis désolée, Elsa, mais je vais devoir te laisser... Enfin, si tu te sens de rester toute seule, sinon je peux annuler t'en fais pas. » Elle aussi, elle n'était pas prête à ce que je sois sourde. Je hoche négativement la tête, prends une légère inspiration. « Non, tu peux y aller. » Et elle a l'air soulagé que je la libère de ses fonctions de mère, et je me mets à sourire sincèrement. La vérité, c'est que j'ai toujours eu l'habitude de ne pas avoir mes parents autour de moi, alors au fond ce n'est pas bien grave. Elle fouille dans son sac et en sort des vêtements. « J'ai récupéré tes vêtements et ton téléphone, mais puisque tu sors demain je viendrai te chercher avec des vêtements propres, d'accord ? Appelle Luna, ou ton copain, enfin ne reste pas seule. D'ailleurs, tu as un copain ? » Oui Maman, c'est vraiment très gentil de t'intéresser à ma vie. La dernière question est posée de façon un peu affolée, en s'en est assez pour me faire rire. Oh, ça aussi ça fait un son bizarre. « Merci et pour tout te dire... Oui, j'ai un copain. » Et maintenant que je regarde l'heure, je me rends compte que je lui ai un peu posé un lapin, à mon copain. Ah, et que j'ai quelques appels en absence et des messages. Au moins, ça prouve que je ne mens pas. Ça me fait sourire, et ça fait sourire ma mère aussi. Tout va bien dans le meilleur des mondes ? « Okay. On en discutera plus tard ! J'ai déjà laissé un message à ton père et ton frère, mais tu pourras le faire aussi si tu veux. » Je fronce les sourcils. Laissez un message ? Pour dire quoi ? Coucou c'est Elsa je suis sourde, bisou ? J'ai le droit à un câlin et Maman disparaît. Et donc je suis une nouvelle fois seule.

J'essaie d'écouter les messages de Cameron et Luna, mais mon téléphone n'est pas coopératif et ignore que je suis sourde malentendante. Alors au final, je finis par envoyer un SMS à ma meilleure amie pour lui dire que je vais bien. Quand à mon petit-ami...
Pardon d'être en retard et pardon de ne pas avoir répondu plus tôt... Je suis à l'hôpital, est-ce que tu peux venir me chercher ? Sinon je pleure ?
C'est une menace minable, parce que je pleure déjà en vrai. Mais ça, il n'est pas censé être au courant. Et je sais que je ne suis censée avoir le droit de sortir que demain, parce qu'en me sauvant de l'explosion le pompier n'a pas vraiment fait attention à ma tête et qu'il se pourrait que j'ai un traumatisme crânien mais je m'en fiche. Je me sens bien, enfin à part le fait que le monde est désormais fait de bruits vagues et louches, et j'ai déjà passé trop de temps dans cet hôpital. Je suis traumatisée pour toute ma vie, j'en ai marre que les gens me crient dessus, je veux rentrer et retrouver les bras de Cameron et dormir toute ma vie durant. Oui, tout ça. Même si il y quelques tâches de sang sur mon haut et que mon jean est sale de la chute, je troque ma robe d'hôpital contre mes vêtements habituels. Je prends aussi le temps de manger la part de cake que ma mère a été acheter, parce qu'à part le petit-déjeuner de ce matin je n'ai rien avalé de la journée. Et puis je vais près de la fenêtre que j'ouvre légèrement. Non je ne compte pas sauter. J'essaie d'entendre. Parce qu'être sourde, ça ne veut pas dire rien entendre. Ce n'est pas un calme plat et apaisant. Ce n'est pas le vide de la méditation. C'est nul, on n'a rien à gagner à la surdité. Doucement, je sens les larmes se remettre à couler d'elles-même le long de mes joues et je pousse un soupir. J'espère que Cameron va vite arriver, j'ai besoin de me sentir... Normale ?
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Cameron J. Grey



∞ Date d'inscription : 15/04/2015
∞ Messages : 97

MessageSujet: Re: Oh good morning, will you just wait until i die ? + Cameron & Elsa ♥   Ven 24 Juil - 0:48



❝Oh good morning, will you just wait until i die ?❞
Elsa & Cameron
Je commence à sérieusement m’inquiéter. J’essaye de joindre Elsa depuis maintenant un peu plus d’une demi-heure et je n’ai toujours aucune réponse. En général, elle est toujours prête à l’heure. Et si j’allais voir chez elle ? Peut-être qu’elle a eu une journée chargée et qu’elle est rentrée il n’y a pas longtemps. Aussi bien, elle est sous la douche. Une douche d’une demi-heure ? Ce n’est pas vraiment son genre mais après tout, rien n’est impossible. J’envoie un message à Warren pour m’excuser du retard, attrape ma veste et je quitte mon appartement pour rejoindre celui de ma petite-amie. Je frappe à la porte et tends l’oreille. Je n’entends aucun bruit, on dirait qu’il n’y absolument personne. Je retente le coup. « Elsa ? C’est Cameron ! » Toujours rien. J’essaye d’ouvrir la porte, celle-ci est verrouillée. « Merde… » Je passe une main sur mon visage, sans savoir quoi faire de plus. Je saisis de nouveau mon portable et j’essaye pour la énième fois de l’appeler. Je tombe directement sur sa messagerie. Je lui ai déjà laissé deux messages… Je raccroche aussitôt, remettant mon portable dans la poche de mon jean. Je fais quoi, maintenant ? Je ne vais sûrement pas attendre les bras croisés. J’ai un mauvais pressentiment, la sensation désagréable que quelque chose lui est arrivé. Ca me rend littéralement fou de ne pas savoir… Je rentre chez moi ? J’alerte les autorités ? Je vais quand même chez Warren ? Je n’en sais fichtrement rien. Cependant, je suis plein d’espoir. Je tente encore de l’appeler et c’est toujours sans réponse. « Putain, Elsa ! » Je me retiens franchement de ne pas jeter mon téléphone. Sait-on jamais ! Elle pourrait me rappeler au moment où je m’y attends le moins. D’accord… Je suis cool, je reste cool. Je vais aller chez Warren, voilà. Lui, il saura sûrement quoi me dire. Ou peut-être pas. Je ne sais pas mais je refuse de rentrer chez moi. Je vais encore passer mon temps à tenter de la joindre, devenir fou et probablement tout envoyer valser. Je remonte dans ma voiture, prenant la direction de chez mon meilleur ami. Mon portable n’est pas loin, je ne peux pas m’empêcher d’y jeter un coup d’œil régulièrement. Aucun message, aucun appel. Que dalle. Lorsque j’arrive chez Warren, je me gare juste devant chez lui et sors de la voiture. Il sort au même moment de chez lui, tout sourire. Désolé poto, là j’ai un peu de mal à sourire. « Salut mec ! T’es pas avec Elsa ? » Je vous jure que je ne la cache pas dans le coffre de ma voiture. « Non, je sais pas où elle est. On devait se rejoindre chez moi après l’entraînement. J’ai essayé de l’appeler, j’lui ai laissé pas mal de messages et elle me répond toujours pas. » J’explique au futur papa, plus qu’inquiet. Warren perd son sourire, je vois bien qu’il ne sait pas trop quoi me répondre. Et moi, je regarde encore mon portable… Rien. « J’suis sûr que tu t’inquiètes pour rien. Elle a p’tete pas fait attention à l’heure… » Je hausse les épaules, pas convaincu. Mais qu’est-ce que je peux faire de plus ? A part attendre un signe de vie, je ne sais pas.

Warren et Nora essayent tant bien que mal de me rassurer. Leurs tentatives ne sont pas très concluantes… J’ai la tête complètement ailleurs. Même la bière de Warren ne me dit rien. J’ai presque envie de partir à la recherche d’Elsa en parcourant chacune des rues de San Francisco. Vraiment, je ne comprends même pas pourquoi je me retiens. « T’inquiètes pas. Elle va bien finir par te rappeler ! » Warren aussi, il est plein d’espoir. Mon portable se met brusquement à vibrer. Oh putain… Si c’est un SMS de merde, je commets un meurtre. Je saisis vivement l’appareil pour regarder de quoi il s’agit. Un message d’Elsa. Je m’empresse de l’ouvrir, mon visage se décompose littéralement. « Elle est à l’hôpital. » J’annonce à Warren en me levant. « Désolé pour la soirée… J’dois absolument y aller. » Il m’adresse un signe de la tête et me laisse partir, sans me poser plus de questions. J’avais raison. Il y a bien eu quelque chose ; mais quoi ? C’est la grande question à un million de dollar. Je conduis comme un demeuré jusqu’à l’hôpital, sans me préoccuper du code de la route. Il n’est pas compatible avec les urgences, ce n’est pas de ma faute. Je me gare sur une place réservée à un médecin, puis je cours jusqu’à l’entrée du grand bâtiment. Je m’adresse à la secrétaire pour connaître le numéro de chambre de la brunette, elle précise inutilement que les visites sont bientôt terminées, je lui adresse un sourire impoli qui veut dire « je m’en bats les cacahuètes » et je fonce. Et je me perds. Il y a trop de couloirs, trop de portes, je ne sais pas où aller. J’interpelle le premier médecin que je vois, lui demandant poliment de me dire où se trouve la chambre d’Elsa. « Je suis son petit-ami. » La précision est nécessaire. Il est gentil, il m’y conduit en prenant le temps de m’expliquer pourquoi la jeune femme est ici. Un accident, une explosion, des tympans en miette, malentendante, parler fort… Toutes ces informations entrent dans mon esprit et font bloc. Il me laisse devant la porte d’Elsa, je frappe pour annoncer mon arrivée et puis… Merde. Si elle est malentendante, elle ne va pas percevoir le bruit ? Okay, j’entre. Elle est près de la fenêtre, le visage tourné vers le paysage. Ou la circulation. Enfin la ville, quoi. « Elsa ? » J’essaye de parler assez fort pour qu’elle m’entende, comme le médecin me l’a conseillé. Elle se retourne, le visage baigné de larmes… Mon cœur se serre.

Je n’attends pas plus longtemps pour m’avancer vers elle. Elsa vient vers moi aussi, j’ouvre mes bras pour qu’elle vienne s’y réfugier. Je ne dis rien, je n’ai pas l’impression qu’elle ait besoin que je dise quoi que ce soit. Je me contente de la serrer fort dans mes bras, caressant doucement ses cheveux. Les larmes me montent aux yeux, je fais tout pour qu’elles ne coulent pas. J’embrasse le haut de son crâne avec force, prends son visage entre mes mains et je dépose un baiser sur ses lèvres. Je déteste la voir pleurer, je déteste cet endroit pourri et je déteste aussi cette journée. Je glisse mon visage contre le sien, ma bouche près de son oreille. « Je t’aime, Elsa. On rentre. » Je n’ai pas envie de lui crier dessus tout le temps, alors j’ai choisi la manière douce. Je retire ma veste pour la passer autour de ses épaules et je me charge de récupérer le reste de ses affaires. J’affiche un sourire tendre, glisse ma main dans la sienne et c’est parti. Je vérifie qu’aucun médecin ne traîne dans les parages avant de me diriger vers les ascenseurs. Je me fiche pas mal d’avoir des ennuis, au pire des cas. Elsa va finir par se suicider si elle reste ici. Je suis prêt à la ramener demain pour que les médecins s’assurent que tout va bien s’il le faut… Pour ce soir, hors de question que je la laisse toute seule. Je guide la jeune femme jusqu’à ma voiture, ouvre la portière côté passager et l’aide à s’installer. Je l’embrasse encore avant de mettre ses affaires sur la banquette arrière. Je prends place derrière le volant, démarre et on quitte cet endroit pourri. Sur le trajet, je suis obligé de saisir la main d’Elsa dès que je le peux. Elle m’a fait peur, bordel de merde… Et la voir dans cet état est en train de me tuer. Elle qui est toujours souriante et pleine de vie… Elle n’est plus du tout la même. Personne ne peut la blâmer. Elle vient probablement de vivre la pire journée de toute sa vie. Mon rôle ne va certainement pas être de me morfondre avec elle, mais plutôt de faire en sorte qu’elle soit bien.

Une fois chez moi, je dépose ses affaires dans un coin et la guide jusque dans le salon. Je la force à s’asseoir sur le canapé et je me mets à genoux devant elle, saisissant son visage entre mes mains. Je veux qu’elle se concentre sur ce que je lui dis, qu’elle puisse me comprendre sans que je n’aie à lui hurler dessus. L’appartement est silencieux, elle n’entendra que ma voix. « Tu as besoin de quoi ? Tu veux manger quelque chose ? Ou dormir ? On peut aller dans ma chambre, si tu veux. On aura pas besoin de parler et tu pourras m’utiliser à ta guise. Ou alors… Si tu veux parler, tu pourras aussi. Moi, je suis juste là pour toi. Je bouge pas. » J’affiche un mince sourire, glissant mes pouces sur ses joues pour effacer les larmes. J’aimerais pouvoir lui dire que ça ira… Pourtant, je ne le fais pas. Et je ne le ferai pas. C’est le genre de phrases que personne n’a envie d’entendre. En revanche, soulager sa peine… Je peux le faire.
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Elsa McMahon



∞ Date d'inscription : 07/01/2015
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MessageSujet: Re: Oh good morning, will you just wait until i die ? + Cameron & Elsa ♥   Ven 24 Juil - 1:46


Cameron ♥
break the silence

Ma fenêtre donne sur le parc de l'hôpital. Il semble vide. Des gens s'y baladent encore, dans les mêmes allées que j'ai foulé en poussant Carlisle dans son fauteil. Mais vu d'en haut, tout parait différent et... Vide. Ou alors c'est juste moi qui me sens vide, je ne sais pas. Au dessus des sifflements, j'entends les oiseaux qui chantent et la sirène d'une ambulance. Peut-être la circulation ? Je ne suis pas très sûre de moi. Mais j'essaie de relativiser. Je peux toujours voir. Imaginez, si je deviens aveugle ? La peinture m'aurait été interdite ? Et les jolies couleurs ! Je tâche de prendre une grande inspiration pour rester calme et ne pas paniquer à la pensée de choses qui ne sont pas arrivées. Mais je ne reste pas calme, parce que j'ai tout de même peur des choses qui sont arrivées et mes larmes parlent d'elles-mêmes. Et j'étais tellement occupée à penser que je n'ai pas entendu la porte s'ouvrir. Ou alors c'est peut-être parce que je suis sourde, au choix. Je ne réagis que lorsque la voix altérée de Cameron prononce mon prénom. Alors je me tourne vers lui, et c'est sans plus réfléchir que je me réfugie dans ses bras pour me cacher. Mon rythme cardiaque s'accélère et je lutte pour ne pas pleurer bruyamment. Mais la vérité c'est que la présence de mon petit-ami me rassure, que je me sens un peu moins seule contre lui parce que sa façon de me serrer dans ses bras me fait comprendre que je ne le suis pas. Certes, j'ai passé la journée avec ma mère, mais elle ne sent pas l'odeur tranquillisante de Cameron mais le parfum de luxe, ses câlins étaient autant pour me rassurer moi qu'elle et elle a aussi passé son temps à me crier dessus. Lui ne crie pas, il est doux et tendre et prend le temps de m'embrasser. Puis son visage est près du mien, sa bouche près de mon oreille et j'ignore comment il sait que je suis sourde mais que j'entends un peu, malentendante, on dit ! mais il sait et je lui en suis grandement reconnaissante. « Je t’aime, Elsa. On rentre. » Et parce que j'ai la gorge trop nouée pour dire quoi que ce soit, je me contente d'acquiescer vivement. Oui, je le veux. Je veux aussi dire quelque chose pour détendre l'atmosphère, du genre qu'il ne devrait pas parce que je pleure et que j'ai dis que je pleurais s'il ne venait pas mais il est quand même venu, mais je n'en ai pas le coeur. Alors j'acquiesce, accepte gracieusement sa veste, presse sa main dans la mienne pour le remercier. J'essaie même de sourire, mais je crains n'avoir réussi qu'un vague mouvement de lèvres.

Le trajet se fait en silence. Parce que je ne sais pas quoi dire. Et que je suis occupée à ne pas pleurer. Pour ça, j'observe Cameron. Cameron n'a pas changé, en même temps je ne vois pas comment il aurait pu changer en une journée. Il a juste l'air inquiet, probablement parce qu'il l'est. Je m'en veux un peu... J'aurai dû penser à le prévenir plus tôt. Et je m'en veux aussi, parce que par ma faute nous ne sommes pas au barbecue organisé par l'un de ses meilleurs amis. Je me sens égoïste, alors que je ne voulais pas. Quelques larmes menacent encore de couler, mais je fais de mon mieux pour les retenir. C'est bon, j'ai assez donné, laissez-moi je ne pleurerai plus jamais de toute ma vie entière. Ah, si seulement. Je me sens aussi agressée par tous les bruits qui m'entourent, aussi je suis plus que soulagée lorsque nous arrivons. Je reste docile et suis Cameron jusqu'à son appartement - et sans pleurer s'il-vous-plaît ! - et encore une fois je le laisse me guider jusqu'au salon. Là il m'assied sur le canapé et prend place en face de moi, et je plante mon regard dans le sien en haussant les sourcils. Qu'est-ce qu'il se passe ? Je pose mes mains sur ses avants-bras, pas trop sûre de moi sur ce coup là. Et sur tous les autres coups, en fait. « Tu as besoin de quoi ? Tu veux manger quelque chose ? Ou dormir ? » Oh. Il se passe que je suis sourde, et que Cameron est inquiet. Je presse mes lèvres entre elles, la menace des larmes n'étant jamais loin. Je ne sais ce dont j'ai besoin ou ce que je veux. Je me sens... Aliénée. « On peut aller dans ma chambre, si tu veux. On aura pas besoin de parler et tu pourras m’utiliser à ta guise. Ou alors… Si tu veux parler, tu pourras aussi. Moi, je suis juste là pour toi. Je bouge pas. » Est-ce qu'il vient vraiment de dire que je pourrais « l'utiliser à ma guise » ? Je sens un sourire réel et sincère prendre place lentement sur mes lèvres. Je me sens aliénée, mais en sécurité. C'est déjà ça de gagner, et ce n'est absolument pas de refus. Et parce que mon silence a assez duré, je rassemble tout le courage que je peux trouver et me prépare à entendre ma voix bizarre. Je suis prête. « Je t'aime. Du plus profond de mon être, je te jure que je t'aime. » Parce qu'il est venu me chercher, parce qu'il a utilisé le pronom on, parce que je ne me sens pas seule en sa présence, parce qu'il reste un maigre point de repère là de suite... Parce que. Je tenais juste à ce qu'il le sache. « Je suis désolée d'avoir gâché le barbecue de Warren. Enfin... De l'avoir loupé. » Très sincèrement, je me trouve nulle comme petite-amie. « Et j'aimerai prendre une douche, et te voler des vêtements. Et manger, oui. » Parler je ne sais pas. Je pose une main contre sa joue et me penche pour pouvoir embrasser tendrement ses lèvres. « Merci d'être là. Tu es vraiment merveilleux. » Parce que je dis qu'il est merveilleux un peu trop souvent et peut-être trop pour rire, alors que c'est plus un fait qu'une plaisanterie. Il est merveilleux, c'est tout.

Je me retrouve ensuite dans la salle de bain, seule. Mais j'ai promis de faire vite, aussi je me déshabille rapidement et file dans la douche. Le bruit du jet d'eau m'agresse lorsque j'ouvre le robinet et je grimace. Est-ce que tout va être aussi désagréable, à partir de maintenant ? D'accord, je vais faire très vite même. Rapidement, je me retrouve devant le miroir, habillée des habits empruntés à Cameron, en train de me sécher les cheveux comme je peux avec une serviette. Je me trouve plutôt pâle. Mais à part ça, je n'ai pas l'air si différente de ce à quoi je ressemblais ce matin. Je fronce les sourcils. Peut-être que si je m'étais rendormie, comme j'avais prévu de le faire, rien de tout ça ne serait arrivé. Je ne serais sortie au magasin que bien plus tard, et je ne serais jamais arrivée sur les lieux de l'accident... Et j'aurais toutes mes facultés auditives. Je pousse un soupir, observe mon reflet quelques secondes de plus avant de me décider à aller retrouver mon petit-ami qui doit se charger de la nourriture. Je le retrouve dans la cuisine, donc, et l'agresse d'un câlin. J'ai besoin d'amour, vous comprenez ? « J'ai été stupide. » J'affirme au bout d'un moment, marmonnant plus qu'autre chose contre son épaule. Je fais tout de même l'effort de relever un peu la tête pour pouvoir marmonner dans son oreille cette fois. S'il faut, la surdité c'est transmissible. « Quand je suis sortie du magasin, j'ai vu les camions de pompier se succéder et de la fumée... Et comme je suis quelqu'un de très logique et doté d'aucun instinct de survie, j'ai couru jusqu'à la zone accidentée au lieu de fuir très loin. » Vraiment, sur ce coup là j'ai été idiote. Je lâche Cameron et le rend libre de tout mouvement, pendant que moi je vais m'asseoir sur la table de la cuisine pour continuer mon histoire. « Il y avait Luna, et une vieille dame et donc je suis allée aider. Et la vieille radotait qu'elle voulait son sac, alors au bout d'un moment j'ai cédé et... » Tout s'est passé très vite et je ne suis encore pas très sûre que tout se soit réellement passé. « Boum. » Je fais en mimant l'explosion avec mes mains, avant de me rire ironiquement. Je fixe ensuite le sol, sentant mon nez piquer. Je ne vais pas pleurer, j'ai dis que je ne le ferais plus, alors je préfère laisser passer un silence. Je relève la tête, ensuite, parce que dans le silence il y a les sifflements qui me rappellent que si Cameron parle je peux éventuellement ne pas l'entendre. « Et maintenant... J'ai ces putains de sifflements dans les oreilles. C'est un peu comme être près de la mer ou d'une cascade, mais en moins mélodieux. Ma voix est désagréable aussi, parce qu'elle résonne dans ma gorge mais que peu dans mes oreilles. Et si jamais tu chuchotes, je ne t'entendrais pas. On ne pourra plus se dire de secrets, c'est assez triste. » J'essaie un sourire. Je n'y arrive plus, à sourire. Ça aussi, c'est assez triste. Je pose mon regard sur Cameron, pensant qu'il mérite que je sois au moins un peu positive. Mais je ne sais pas comment. « Je ne sais pas ce que je suis supposé faire, maintenant. J'ai déjà réalisé qu'il y aurait un avant et un après, et bien entendu il faut que je sois positive mais... C'est plus facile dans la théorie. Le médecin m'a sorti tout son discours de « reprendre sa vie là où on l'a laissé ». Et puis je me suis rendue compte que ma vie, c'était un peu n'importe quoi en fait. Littéralement, je me suis contentée d'une succession de moments parce que carpe diem mais... A part mes amis, et ma famille et toi, je n'ai ni ne suis rien. J'étudie l'histoire parce que c'est facile, mais je ne sais pas quoi faire après. Et je suis une artiste en carton, désolée de t'avoir toujours menti mais... Je vaux rien, sur ce plan là aussi. » Ma voix se fade un peu parce qu'encore une fois, ma gorge se noue. Mais je ne pleure pas. Non, ça va. « Je suis perdue, en fait. » Il me faut une carte et une boussole. « Eeet pas très joyeuse. Excuse-moi. » Aujourd'hui, je cumule les mauvais points auprès de Cameron. Mais j'ai aussi gagné une carte sourde pour justifier mon comportement. Attention, je peux l'utiliser à tout moment.
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Dernière édition par Elsa McMahon le Lun 27 Juil - 0:40, édité 1 fois
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Cameron J. Grey



∞ Date d'inscription : 15/04/2015
∞ Messages : 97

MessageSujet: Re: Oh good morning, will you just wait until i die ? + Cameron & Elsa ♥   Dim 26 Juil - 2:20



❝Oh good morning, will you just wait until i die ?❞
Elsa & Cameron
« Je t’aime, Elsa. On rentre. » Tout est dit. Je ne vais sûrement pas lui faire le discours du petit-ami paniqué, qui a imaginé les pires de scénarios. Je ne vais pas non plus lui demander plus de détails sur ce qu’il s’est passé. Les explications du médecin m’ont suffi, je n’ai pas envie d’enfoncer le couteau dans la plaie. Si elle souhaite m’en parler, elle aura tout le loisir de le faire une fois que nous aurons quitté cet endroit, quand nous ne serons plus que tous les deux. Après avoir récupéré la totalité de ses affaires, nous quittons sa chambre main dans la main. Dieu merci, aucun médecin, aucune infirmière ne nous a barré la route. Je les aurais gentiment envoyé se faire voir, je pense. Je suis prêt à prendre tous les risques pour Elsa. En temps normal, cette phrase pourrait sonner comme une blague pas drôle du tout, alors qu’en réalité, je le pense sincèrement. Pour la première fois depuis que je suis avec Elsa, j’ai enfin l’occasion de lui prouver à quel point je tiens à elle. Je l’aime au point de me battre avec des médecins s’il le faut, tout-à-fait ! Une fois que nous sommes installés dans la voiture, je démarre et nous conduis chez moi. Là, je force la jeune femme à s’asseoir sur le canapé et m’accroupis devant elle. On ne m’a pas dit qu’elle était sourde, simplement qu’elle était malentendante. Je dois parler fort, qu’il m’a dit… Pour être sûr qu’elle soit capable de m’entendre. Malheureusement, je ne compte pas lui hurler dessus. Si elle se concentre sur le son de ma voix, je n’aurais pas besoin de crier. Elle pourra saisir chacun des mots qui sortiront de ma bouche. Elsa pose ses deux mains sur mes bras, visiblement un peu inquiète de ce que je suis en train de faire. Qu’elle se rassure, je ne vais pas prétendre comprendre ce qu’elle traverse, ni la prendre en pitié ou quoi que ce soit d’autre. Je vais juste… Jouer mon rôle de petit-ami et prendre soin d’elle, faire en sorte qu’elle se sente bien et qu’elle oublie cette sale journée. Je commence par lui demander si elle a besoin de quelque chose, si elle veut manger, dormir, parler ou ne pas parler. Peu importe ce qu’elle décide, je ne compte pas l’abandonner. Elle peut faire ce qu’elle veut de moi, je suis là pour elle et je veux qu’elle le sache. Depuis que je l’ai retrouvée à l’hôpital, Elsa a tenté de sourire à plusieurs reprises. Mais là, j’ai enfin l’impression que son sourire est vrai. « Je t’aime. Du plus profond de mon être, je te jure que je t’aime. » Le choc. En soit, j’étais déjà au courant de ses sentiments. Et puis je l’aime aussi, il n’y a aucun de doute là-dessus. Pourtant, c’est comme si ses sentiments prenaient une autre dimension. Les miens aussi, par la même occasion. Je me rends définitivement compte qu’Elsa, ce n’est pas juste une histoire comme ça. C’est beaucoup plus fort. Cela dit, je suis incapable de répondre. Je me contente de sourire un peu. « Je suis désolée d’avoir gâché le barbecue de Warren. Enfin… De l’avoir loupé. » Je secoue la tête en fronçant les sourcils. « On s’en fout du barbecue de Warren. On aura l’occasion d’en faire d’autres. L’essentiel, c’est que tu ailles bien. » On s’est tous beaucoup inquiétés pour elle et oui, j’ai sûrement été en colère contre elle parce qu’elle ne répondait ni à mes appels, ni à mes messages. Mais cette colère n’a été que passagère. Le barbecue n’a aucune espèce d’importance. « Et j’aimerais prendre une douche, et te voler des vêtements. Et manger, oui. » Ses lèvres rencontrent les miennes ; je vais machinalement poser ma main sur la sienne, répondant à son baiser avec autant de tendresse. « Pas de problème. » Parce que je suis poli et bien éduqué, je n’allais quand même pas refuser. « Merci d’être là. Tu es vraiment merveilleux. » Me dit-elle, avec beaucoup plus de sérieux que d’habitude. « T’as pas besoin de me remercier. Ni même de me dire que je suis merveilleux. » Je dépose un bref baiser sur ses lèvres avant de me relever. Une douche, des vêtements et un bon repas. C’est noté.

J’ai presque failli rester avec Elsa dans la salle de bain. Elle a dû m’assurer une bonne vingtaine de fois qu’elle était en mesure de prendre une douche, sans avoir besoin de ma surveillance. J’ai accepté de lui laisser un peu d’intimité, finalement, pensant qu’elle en avait certainement besoin. Pendant ce temps, je m’occupe l’esprit dans la cuisine. Parce que même si je souris, même si je fais comme si je gérais parfaitement la situation, je suis mort de trouille. J’ai peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas lui apporter tout le soutien dont elle a besoin. J’ai aussi peur qu’elle se mette à pleurer toutes les larmes de son corps dans mes bras, parce qu’elle est quasiment sourde et que moi, je ne sais même pas ce qu’elle peut ressentir. J’ai peur de ne pas trouver les mots justes pour la réconforter, tout simplement. Alors au lieu de penser à toutes mes craintes, je préfère préparer deux hamburgers en chantant joyeusement. « C’est la marmelaaaade de ma grand-mère ! C’est la marmelaaaaadeee de ma grand-mère ! Dansons la marmelade ce soir sous les ponts, dansons la marmelade ce soir mon garçon ! » Les pains sont prêts, ils n’attendent plus que les steaks et les oignons qui cuisent tranquillement dans une piscine de beurre. J’ai encore quelques problèmes sur le dosage des matières grasses, que Dieu me pardonne. Je sifflote l’air de la marmelade en remuant mes fesses oignons, quand Elsa vient soudain se blottir dans mes bras. Et moi je me sens con parce que je ne l’ai même pas entendue arriver et qu’en plus, j’ai une cuillère dans la main. Cuillère que je finis par lâcher pour serrer mes bras autour d’elle amoureusement, embrassant le haut de sa tête chevelue. « J’ai été stupide. » Plait-il ? Elle relève la tête, je fronce les sourcils. Je caresse doucement ses cheveux, enfouissant mon visage dans son cou. C’est l’instant câlin, ne pas déranger. « Quand je suis sortie du magasin, j'ai vu les camions de pompier se succéder et de la fumée... Et comme je suis quelqu'un de très logique et doté d'aucun instinct de survie, j'ai couru jusqu'à la zone accidentée au lieu de fuir très loin. » Oh… C’est donc le moment où Elsa me parle de ce qu’il s’est passé. Elle se détache de ma personne pour aller s’asseoir à table, je m’appuie contre le meuble derrière moi, lui faisant face. « Il y avait Luna, et une vieille dame et donc je suis allée aider. Et la vieille radotait qu'elle voulait son sac, alors au bout d'un moment j'ai cédé et... » Et boum, comme elle l’explique si bien en y ajoutant de la gestuelle. Peut-être que j’aurais pu rire. Désolé seigneur, ce soir je n’en ai pas la foi. « Et maintenant... J'ai ces putains de sifflements dans les oreilles. C'est un peu comme être près de la mer ou d'une cascade, mais en moins mélodieux. Ma voix est désagréable aussi, parce qu'elle résonne dans ma gorge mais que peu dans mes oreilles. Et si jamais tu chuchotes, je ne t'entendrais pas. On ne pourra plus se dire de secrets, c'est assez triste. Je ne sais pas ce que je suis supposé faire, maintenant. J'ai déjà réalisé qu'il y aurait un avant et un après, et bien entendu il faut que je sois positive mais... C'est plus facile dans la théorie. Le médecin m'a sorti tout son discours de « reprendre sa vie là où on l'a laissé ». Et puis je me suis rendue compte que ma vie, c'était un peu n'importe quoi en fait. Littéralement, je me suis contentée d'une succession de moments parce que carpe diem mais... A part mes amis, et ma famille et toi, je n'ai ni ne suis rien. J'étudie l'histoire parce que c'est facile, mais je ne sais pas quoi faire après. Et je suis une artiste en carton, désolée de t'avoir toujours menti mais... Je vaux rien, sur ce plan là aussi. » Okay… Cette situation commence à me faire mal au cœur. Elle me fait mal au cœur. Ce qu’elle ressent… Je ne pensais pas que c’était à ce point. Je ne pouvais même pas en imaginer les trois quarts. J’ouvre la bouche, et puis comme je ne sais pas quoi dire, je la referme. Parfois, le silence vaut mieux que des paroles inutiles. « Je suis perdue, en fait. Eeet pas très joyeuse. Excuse-moi. » Et sa voix tremble, je n’ai pas envie qu’elle pleure. Je baisse la cuisson des steaks et des oignons, avant de m’avancer vers elle. Je tire une chaise pour m’asseoir à côté d’elle.

« Elsa… » Dis-je en saisissant sa main. Je cherche mes mots, en fait. Je ne sais pas trop quoi lui dire, je ne suis pas doué avec les grandes paroles réconfortantes. Je vais faire de mon mieux. « Vu ce que tu viens de vivre, t’as tous les droits d’être perdue et pas très joyeuse. Je ne vais pas te blâmer pour ça, tu sais. Alors déjà, commence par arrêter de t’excuser toutes les cinq minutes, d’accord ? » Je souris un peu, pressant légèrement sa main dans la mienne. « Ce que tu as fait aujourd’hui ne fait pas de toi une idiote. T’as simplement voulu aidé, personne ne peut te reprocher ça. Ce n’est pas parce que tu es malentendante qu’on va arrêter de se dire des secrets. On trouvera un autre moyen de se les raconter. Dans Harry Potter, le mec il a bien un journal magique avec de l’encre qui disparaît. On a qu’à trouver ce livre et voilà, tous nos problèmes seront réglés. » Je rigole un peu, juste pour détendre l’atmosphère. C’était l’instant blague du soir qui, je l’espère, aura son petite effet auprès de ma brunette. « Pour le reste, avant de reprendre ta vie là où tu l’as laissée, il va falloir que tu t’habitues à tout ça. Tu ne seras pas toute seule, ta famille sera là et… Moi aussi. Je serai là. Je te promets et je te jure d’être là dès que tu en auras besoin. Jusque-là, on se contentait de s’embrasser, de se dire qu’on s’aimait, de faire l’amour et de regarder les zinzins de l’espace mais mon rôle, c’est aussi de te soutenir dans les bons comme dans les pires moments de ta vie. C’est la vision que j’ai d’un couple et on est un couple, pas vrai ? » Je glisse une main sur sa joue, caressant sa peau à l’aide de mon pouce. « Et puis… Tu ne vaux pas rien, Elsa McMahon. Je suis tombé amoureux d’une femme unique, pleine de vie, souriante, pétillante, drôle, amusante et extrêmement intelligente. Tu vaux de l’or, je peux te l’assurer et même te le prouver. Dis-moi encore une fois que tu ne vaux rien et je te jure que je fais une thèse sur le sujet. » J’annonce sur le ton de la plaisanterie, tout en étant quand même un peu sérieux. Je me redresse pour aller l’embrasser avec force. Moi aussi, je l’aime de tout mon être. Je détache mes lèvres des siennes et colle mon front au sien. « C’est peut-être un peu facile à dire pour l’instant mais… Tout ira bien. Et si ta vie ne te convient pas comme elle est, alors personne ne peut t’empêcher d’en changer, j’imagine. Tant que tu m’inclus toujours dedans… Ca me va. » Je suis très sérieux sur ce point. Je veux faire partie de sa vie, je veux être là pour l’aider à affronter sa quasi-surdité (parce que malentendance ça existe pas). « Eeeeet… Mes steaks vont cramer. » Ca, c’est pour la petite touche d’humour.
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Elsa McMahon



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MessageSujet: Re: Oh good morning, will you just wait until i die ? + Cameron & Elsa ♥   Lun 27 Juil - 4:36


Cameron ♥
break the silence

Gus, I'm a grenade and at some point I'm going to explode. Ah non pardon, erreur de film. Mais eum... Ouais, non. Je ne me sens pas super non plus. Et puis Cameron, je le trouve quand même vachement mieux que Augustus Waters. Déjà il a deux jambes, ce qui est plus pratique concernant son activité sportive. Et puis il est vivant, aussi. Et ça c'est bien. Bon en fait Laura ne savait pas comment commencer sa réponse, voili voilou. J'observe Cameron en fronçant les sourcils. Oh, de quoi ai-je besoin ? Manger, dormir, faire l'amour, parler, pas parler ? Je ne sais pas. Mais au moins, Cameron essaie. Alors moi aussi, je dois essayer d'être coopérative. Même si ma voix est vraiment très désagréable à entendre. Tout est désagréable à entendre, de toute façon. « Je t’aime. Du plus profond de mon être, je te jure que je t’aime. » Et j'avais vraiment besoin de lui dire, parce que j'ai passé une journée affreuse et qu'il est la première personne à ne pas me crier dessus pour me parler et aussi parce qu'il m'a libéré de ma prison pas très bien gardée. « Je suis désolée d’avoir gâché le barbecue de Warren. Enfin… De l’avoir loupé. » On devait passer une soirée détendue et calme tous ensemble, moi en tant que petite-amie de Cameron et non pas en tant que petite soeur de Nolan, mais comme je suis nulle je l'ai loupé. « On s’en fout du barbecue de Warren. On aura l’occasion d’en faire d’autres. L’essentiel, c’est que tu ailles bien. » Je hoche la tête. Oui enfin... Je suis pas sûre qu'on peut appeler ça bien. Mais okay, non je n'ai pas envie d'être cynique ou méchante. Du coup j'esquisse un sourire, think positive ! et pose une main contre sa joue. « Et j’aimerais prendre une douche, et te voler des vêtements. Et manger, oui. » Voler les vêtements de Cameron c'est le but ultime de ma vie en fait. Mais je peux le faire que lorsque je suis chez lui, c'est triste. « Pas de problème. » Pour la peine, je l'embrasse. Parce que je l'aime, et qu'il est merveilleux. Je le lui dis, d'ailleurs, qu'il est merveilleux. Même si d'après lui je n'ai pas à le faire, ni à le remercier. Non mais si, je suis tout de même un peu polie et bien éduquée. Et puis je tiens à ce qu'il soit au courant, un minimum.

Parce qu'au final je ne me sens pas de rester seule trop longtemps, je quitte en vitesse la salle de bain pour rejoindre mon petit-ami dans la cuisine. Petit-ami qui chantonne une chanson paillarde très très étrange, que je n'entends qu'à moitié mais c'est suffisant pour que je reconnaisse l'air. Et ugh. Non, chut. Câlin. Les câlins c'est mieux. Et puis Cameron est fort, beau et il sent bon et j'aime bien lui faire des câlins, d'autant plus quand je suis triste, petite, belle et que je sens bon. Je profite de l'étreinte réconfortante en silence et les yeux fermés, parvenant tout de même à entendre son coeur battre et les oignons griller dans la poêle oui bon je fais ce que je peux malgré les sifflements. Au bout d'un moment, je pousse un grand soupir qui peut se traduire par un parfait mélange de bien-être et de désespoir, et me décide à parler. « J’ai été stupide. » Je ne comptais pas garder tout ce qui s'est passé aujourd'hui pour moi. Et parce que Cameron est là, et que je me sens aimée et protégée, et bien ce sera le premier à savoir. Je fais cependant l'effort d'être compréhensible avant de continuer, encouragée par la tendresse de l'homme. Je suis sortie du magasin, pompiers + fumée, moi stupide. Après lui avoir déposé un baiser sur la mâchoire pardon je suis petite je le lâche et vais m'asseoir à table pour le laisser s'occuper des hamburgers (je crois) pendant que je continue. Luna, la vieille, le sac. Moi stupide. « Boum. » Petite grimace. Les sifflements, la désagréablance, les chuchotements, les choses qu'on ne pourra plus se dire. « Je ne sais pas ce que je suis supposé faire, maintenant. » Je suis arrivée à cette conclusion dans les grands moments de silence d'aujourd'hui. Lorsque ma mère ne savait quoi dire, que le médecin préparait l'examen suivant ou remplissait mon dossier médical. Je sais qu'il faut que je ne me laisse pas abattre par le chagrin de mon handicap et que je continue à vivre, que la situation dans laquelle je me trouve aujourd'hui ne devrait durer que peu car la médecine doit m'aider à être « normale » mais... Je me suis rendue que j'étais grandement insatisfaite de ma vie. Enfin, non, pas de ma vie. Mais plutôt de ce que j'en faisais. Et où je la menais. Vers un grand peut-être. Et qu'au bout d'un moment, ce n'était pas assez assouvissant. Je ne peux pas continuer mes études en ne sachant que faire ensuite. Ni continuer à me divertir en peignant des couleurs, ce n'est pas ça qui m'aidera à faire quelque chose d'assez bien et grand pour qu'on se souvienne de moi. Mais bref. Tout ça n'est pas très plaisant à penser, dire et entendre. J'aurai préféré passer la soirée chez Warren à embêter Cameron en lui chantant du Taylor Swift.

« Je suis perdue, en fait. Eeet pas très joyeuse. Excuse-moi. » Je m'excuse avec une moue dépitée. Poétiquement parlant, j'ai l'impression d'être colorée et de devenir doucement noire et blanche, et de colorier en monochrome le monde à mon passage. Cameron se rapproche et je l'observe faire silencieusement. Même si je n'entends que ses intonations, mon prénom est prononcé. Je fronce les sourcils, agacée de la malfonction de mes oreilles, et concentre mon attention sur les lèvres de mon petit-ami, après avoir entremêlés mes doigts aux siens. People fall in love in mysterious way, maybe just the touch of a haand. Je sens mon rythme cardiaque s'accélérer à mesure que son silence perdure. Lui comme moi n'avons pas l'air très sûrs de la situation, au moins c'est... Rassurant ? « Vu ce que tu viens de vivre, t’as tous les droits d’être perdue et pas très joyeuse. Je ne vais pas te blâmer pour ça, tu sais. Alors déjà, commence par arrêter de t’excuser toutes les cinq minutes, d’accord ? » D'accord. Cette fois, mon coeur bat plus fort non pas par stress, mais plus... Si c'était possible, je crois que j'en tomberai de nouveau amoureuse. « Okay. » Je retiens un « pardon » de justesse, et me mets à sourire un peu bêtement. « Ce que tu as fait aujourd’hui ne fait pas de toi une idiote. T’as simplement voulu aider, personne ne peut te reprocher ça. » Il y avait tout de même un peu de stupidité dans mon comportement. Mais soit. A l'origine, je voulais juste aider. « Ce n’est pas parce que tu es malentendante qu’on va arrêter de se dire des secrets. » Là, il parle de Harry Potter. Et je ne sais pas si je n'ai pas tout entendu ou pas tout compris mais... Quoi ? Il veut le journal de Jedusor pour écrire des secrets ? Alors soit, petit a il n'a pas compris le film. Petit b, il croit vraiment que je suis Voldemort parce que j'ai failli me casser le nez à la plage. Petit c, son cerveau lui permet simplement de comprendre les zinzins de l'espace et ça s'arrête ici. Mais il rit, et il est vachement mignon, alors je lui fais un sourire plein de dents. Il est un peu sot des fois, mais c'est ainsi que je l'aime, comprenez-vous ? « Pour le reste, avant de reprendre ta vie là où tu l’as laissée, il va falloir que tu t’habitues à tout ça. Tu ne seras pas toute seule, ta famille sera là et… Moi aussi. Je serai là. Je te promets et je te jure d’être là dès que tu en auras besoin. » Merci, je t'aime. Je t'aime une fois, je t'aime deux fois, je t'aime plus que le riz et les petits pois. « Jusque-là, on se contentait de s’embrasser, de se dire qu’on s’aimait, de faire l’amour et de regarder les zinzins de l’espace mais mon rôle, c’est aussi de te soutenir dans les bons comme dans les pires moments de ta vie. C’est la vision que j’ai d’un couple et on est un couple, pas vrai ? » J'acquiesce. Oui, d'accord. Je crois. Enfin, non. Oui. Pardon, je meurs. « Vrai. D'accord. Je t'aime. » Je pose ma main contre la sienne avec un sourire, serre fermement l'autre tout en y caressant la paume de mon pouce. Des je t'aime il va en bouffer jusqu'à la fin de ses jours.

Et je ne vaux pas rien, non plus, Elsa McMahon. « Je suis tombé amoureux d’une femme unique, pleine de vie, souriante, pétillante, drôle, amusante et extrêmement intelligente. Tu vaux de l’or, je peux te l’assurer et même te le prouver. Dis-moi encore une fois que tu ne vaux rien et je te jure que je fais une thèse sur le sujet. » Si c'est mon poids on or, ça fait pas grand chose. Je me mords les lèvres pour ne pas trop sourire et paraître narcissique. Et je ne rougis pas, c'est... Le chauffage. « Je suis presque tentée de le faire pour t'entendre discourir, mais comme je finirais probablement rouge tomate je vais me taire. » Pour notre bien à tous. Puis il se rapproche, et nos lèvres se trouvent de façon ardente. Le genre de baiser qui vous dévore de l'intérieur, pour toute la passion qu'on y trouve. Je passe distraitement mes mains dans son dos et tâche de respirer décemment ensuite. Too many feelings. « C’est peut-être un peu facile à dire pour l’instant mais… Tout ira bien. Et si ta vie ne te convient pas comme elle est, alors personne ne peut t’empêcher d’en changer, j’imagine. Tant que tu m’inclus toujours dedans… Ça me va. » Je hoche un peu la tête et effleure ses lèvres. Et plutôt que de lui faire un discours à la Cicéron, je préfère lui chanter une chanson. « Never gonne give you up, never gonna let you down... » Ce soir, c'est soirée disco. Oh et je sais encore chanter, je crois. C'est dingue. « Eeeeet… Mes steaks vont cramer. » Je me mets à rire. Maintenant, j'ai l'impression de reprendre des couleurs. Oui c'était une métaphore filée en fait. Et tant mieux, je comptais pas jouer à Fifty Shades de Cameron. Mais parce qu'il le faut, je conçois à libérer Cameron de nouveau pour que ses steaks ne crament pas. Je le suis, même, et reste à ses côtés pour pouvoir observer le repas de ce soir. Je fais fi du bruit désagréable de la cuisson. Il faut juste que je m'y habitue, personne ne me crie dessus et ne m'agresse, tout va bien. En revanche, ce qui me chagrine... « Um... Désolée pour tes steaks. » Ils ont cramés. Et d'un seul côté, en plus. Pour soulager mes pauvres oreilles et pour arrêter ce massacre, j'éteins le feu pour que la cuisson et les bruits cessent. Cameron a l'air dépité et moi, je place une main devant ma bouche pour ne pas rire. Mais malgré tous mes efforts, un rire idiot m'échappe. Et maintenant, il a l'air outré parce que j'ai l'air de me moquer. Alors que pas du tout. Je trouve juste ça drôle. « C'est pas grave, on peut recommencer... On peut ? » On peut. Une petite pensée aux africains qui meurent de faim. On recommence, donc. Enfin, il recommence, et moi je pars en quête de garniture pour les hamburgers. Parce que je suis une fille je mange de la salaaade. J'observe donc le contenu du frigo quand le bruit de fond devient musical. Je me tourne vers Cameron et hausse un sourcil. Chante-tu ou ne chante-tu pas ? ... Ses lèvres bougent, la musique n'est pas juste dans ma tête. Sainte Marie de Jésus de Dieu de sa mère la vendeuse de pain. Faut arrêter de faire de la pub pour les prostituées. « Cameron ? Tu sais ce que je fais de la marmelade de ta grand-mère ? » Non ? Parce que moi non plus. Mais du coup, il chante un peu plus fort. Merci, mon chéri, mais le peu que j'entendais était suffisant. Et parce qu'il est idiot, mais qu'en même temps c'est assez drôle, j'éclate de rire. Oui, il y a cinq minutes j'étais au bord des larmes mais... C'est Cameron, pas moi. « Tu es trop bizarre. » Je dis en riant. Il a vraiment l'air de kiffer sa vie, franchement... C'est limite si ça ne fait pas flipper. « J'ai su que tu étais bizarre dès le jour où on s'est rencontré et que tu n'as pas fui en courant lorsque je t'ai dit que je faisais des rêves érotiques en latin, mais... » Sans oublier le fait qu'il n'avait pas hésité à se déshabiller parce que je lui avais demandé, non ! « Non, ça ne va pas être possible. » Je dis sur le ton de la plaisanterie avant de faire mine de partir. Et tout ça était un magnifique subterfuge pour me retrouver dans ses bras et bingo, ça a marché ! Et maintenant je souris niaisement. « Je suis heureuse de t'avoir rencontré. » Oui, quand même. On dit que la vie c'est gris, il s'appelle gris CQFD Cameron c'est la vie. Oui je suis niaise quand je suis amoureuse.
Code by Silver Lungs


un mot d'amour :
 


Because you are beautiful. I enjoy looking at beautiful people, and I decided a while ago not to deny myself the simpler pleasures of existence.
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Cameron J. Grey



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MessageSujet: Re: Oh good morning, will you just wait until i die ? + Cameron & Elsa ♥   Dim 2 Aoû - 22:52



❝Oh good morning, will you just wait until i die ?❞
Elsa & Cameron
Elsa n’est pas morte, elle est simplement malentendante. Est-ce que je l’aime quand même ? Evidemment. La question ne se pose même pas. Je ne lui en veux même pas d’avoir gâché et slash ou loupé le barbecue de Warren. Il y a des choses bien plus importantes, dans la vie. Je m’engage donc à m’occuper d’elle comme il se doit, à la rassurer et faire en sorte qu’elle oublie cette sale journée. En d’autres termes, il va falloir que j’assure. Pendant que la jeune femme prend une douche, je me charge de nous préparer un vrai repas. J’opte pour des hamburgers, parce que la préparation est aussi simple que rapide et en plus, c’est un repas qui fait toujours l’unanimité. J’essaye également d’oublier mes propres craintes en chantant la marmelade. Elsa va bien, je vais bien, mes oignons vont bien. Conclusion : tout le monde va bien. Ou peut-être pas, en fait… Ma petite-amie vient subitement se blottir contre moi et me lâche de but en blanc qu’elle est stupide. En soit, je ne suis pas d’accord. Cette annonce solennelle marque en réalité le début d’un long monologue. Je l’écoute attentivement, sans perdre une seule miette de son discours. Elsa me fait part de ce qu’il s’est passé plus en détails, elle partage ce qu’elle ressent, ses peurs, ses pensées… Absolument tout. Il y a certaines choses que j’aurais pu deviner moi-même, d’autres que j’étais loin d’imaginer. Comme par exemple le fait qu’elle pense ne rien valoir. Sur ce point non plus, je ne suis pas d’accord. J’abandonne la cuisson des steaks et des oignons pour me rapprocher d’elle. Cette situation est tellement délicate que je ne sais pas par où commencer. Je ne sais pas si ce que je peux dire changera quelque chose à ce qu’elle pense. Pourtant, je pars du principe que si l’on ne tente rien, on n’obtient rien. De la façon dont je vois les choses, sa façon d’agir n’était pas si stupide qu’elle le pense. Vouloir aider les gens n’a rien de stupide, bien au contraire. Ce qui est regrettable, c’est que la jeune femme doive en payer les frais. Mais dans le fond, ce n’est pas bien grave. Elle peut encore m’entendre et les médecins vont probablement tout faire pour qu’elle retrouve son ouïe aussi rapidement que possible. Quant à nos secrets… Je nous fais confiance, on trouvera bien un moyen de les partager. En attendant, avant de reprendre sa vie là où elle l’a laissée, il faudra très certainement qu’elle s’habitude à ses nouvelles oreilles pas très efficaces. Je lui promets d’être là, de la soutenir et de l’encourager. Parce que je suis son petit-ami et que c’est tout simplement mon rôle. « Vrai. D’accord. Je t’aime. » Vous voyez ! Tout vient à point à qui sait attendre.

« Et puis… Tu ne vaux pas rien, Elsa McMahon. Je suis tombé amoureux d’une femme unique, pleine de vie, souriante, pétillante, drôle, amusante et extrêmement intelligente. Tu vaux de l’or, je peux te l’assurer et même te le prouver. Dis-moi encore une fois que tu ne vaux rien et je te jure que je fais une thèse sur le sujet. » S’il y a un truc à savoir chez moi, c’est que je ne suis absolument pas doué avec les mots. Les déclarations d’amour ne sont pas mes amies. Je ne me forcerais jamais à exprimer mes sentiments car tout ce qui risque de sortir de ma bouche c’est : « Le ciel. Faisons l’amour. » Donc je préfère m’abstenir. Aussi, Elsa peut se sentir particulièrement honorée d’avoir le droit à de si belles paroles. « Je suis presque tentée de le faire pour t'entendre discourir, mais comme je finirais probablement rouge tomate je vais me taire. » Je pouffe de rire en secouant la tête. « T’es déjà rouge tomate. » Mais c’est pas grave, elle est très jolie quand même. Elsa est toujours jolie, de toute façon. Même si elle était verte haricot ! Ensuite ? Je l’embrasse. Je l’aime, elle est merveilleuse, elle est unique, je suis son homme. Je ne l’ai jamais embrassée avec autant de passion et d’ardeur. Ce ne sont plus que les sentiments qui m’animent. A bout de souffle, je suis malheureusement contraint de détacher ma bouche de la sienne. Je conserve une certaine proximité entre nous en collant mn front contre le sien. Je lui assure que tout finira par bien aller. Et qu’elle peut faire ce qu’elle veut de sa vie, je veux simplement qu’elle m’inclut dedans. Voilà tout. Elle hoche la tête, effleure mes lèvres et chante. « Never gonna give you up, never gonna let you down… » Un mince sourire étire mes lèvres. « Je serai là pour ma baby… » Et je me sens ridicule, merci, au revoir. Mes steaks sont en train de brûler. Pardon de casser ce moment très romantique et mignon comme tout mais j’ai un peu faim. Je suis triste de constater que j’arrive un peu trop tard sur les lieux du crime. La viande hachée est littéralement carbonisée. Mais d’un seul côté, ce qui est encore plus moche. « Um… Désolée pour tes steaks. » Je me retourne vivement vers la jeune femme, prenant un air faussement sévère. « Ah non hein ! On a dit que tu t’excusais plus. C’est de leur faute, en plus. Ils sont faibles ! » Voilà, voilà. J’accuse les steaks d’être faibles, tutafé. Je contemple les deux victimes d’un air dépité. Moi qui pensais proposer ma candidature pour Master Chef… Je vais m’abstenir. Elsa rigole, elle est vile. Je suis outré. « C'est pas grave, on peut recommencer... On peut ? » Je soupire puis hoche la tête. « Oui, on peut. » Les steaks finissent à la poubelle et j’en remets deux autres à cuire. Cette fois, je ne m’éloigne pas de la plaque de cuisson. J’ai faim, vous comprenez ?

Distraitement, je commence à chanter la marmelade. Je ne fais pas exprès, c’est le genre de petite musique que vous écoutez une fois et qui vous poursuit jusqu’à la fin de vos jours. Finalement, je ne suis qu’une pauvre victime de la marmelade de ma grand-mère… Ce qui est plutôt triste, il faut l’avouer. « Cameron ? Tu sais ce que je fais de la marmelade de ta grand-mère ? » J’éclate de rire, amusé par sa remarque. « Oh non et je sais pas si j’veux savoir. » Je risquerais d’être choqué à vie, j’en suis sûr. Mais du coup, juste pour l’embêter, je chante un peu plus fort. C’est aussi une question de politesse ! Il ne faut pas oublier qu’Elsa est malentendante, désormais. Ne pas partager cette superbe chanson avec elle serait un manque de respect. « C’EST LA MARMELAAAADE DE MA GRAND-MEEEEERE, C’EST LA MARMELAAAAADEEEEE DE MA GRAND-MEEEERE ! DANSONS LA MARMELADE CE SOIR SOUS LES PONTS ! DANSONS LA MARMELADE CE SOIR MON GARCOOOOOON ! » Je suis content de voir que la brunette rigole face à mon hilarité. Je suis désormais drôle et poli, comme elle ! « Tu es trop bizarre. » Me dit-elle, tandis que je danse joyeusement en fredonnant ce petit air marmeladien. « J'ai su que tu étais bizarre dès le jour où on s'est rencontré et que tu n'as pas fui en courant lorsque je t'ai dit que je faisais des rêves érotiques en latin, mais... » Ah donc le fait que je me sois mis à nu devant elle est considéré comme quelque chose de tout-à-fait normal pour une rencontre ? Soit. « Non, ça ne va pas être possible. » Qu’est-ce qui ne va pas être possible ? Ahahahah. Lel. « T’es drôle, mais tu pars pas. » Je lâche avant de la rattraper. Hop, dans mes bras mon enfant. Cette fille est fourbe, je sais qu’elle a fait mine de partir juste pour que je la retienne. Ça va, moi j’aime bien. Ça ne me dérange pas le moins du monde.  « Je suis heureuse de t’avoir rencontré. » Je resserre un peu mes bras autour d’elle et dépose un énorme baiser sur son front. « Ca va, moi aussi. C’est plutôt chouette ! » Et oui, je me trouve toujours aussi marrant. Je garde Elsa dans mes bras durant de longues secondes, jusqu’à ce que les steaks nous rappellent leur présence. « Désolé… J’suis pas prêt à les faire cramer une seconde fois. » Un petit bisou et je me détache de la jeune femme à contrecœur.

Les hamburgers étaient merveilleusement délicieux. Je suis même plutôt fier de moi, à vrai dire. Je nettoie rapidement la cuisine avec l’aide d’Elsa et quand tout est propre, je me tourne vers elle. « Je vais aller prendre une douche et après, je suis tout à toi. D’accord ? » Elle est d’accord. Nous quittons la cuisine en chantant, parce que c’est plus joyeux, je rejoins la salle de bain, elle se dirige vers ma chambre. Je prends une douche rapide et efficace, me sèche et regagne ma chambre avec une serviette enroulée autour de ma taille. « Ferme les yeux, j’suis pudique ! » Je ne suis pas crédible mais peu importe. J’enfile rapidement un boxer avant de me glisser dans le lit. « Très bien… Que penses-tu de la reproduction des limaces ? » Je pose cette question sur un ton très sérieux en fixant le plafond. Non, c’est bon. J’ai renoncé à l’idée d’avoir un miroir au-dessus de mon lit.
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Oh good morning, will you just wait until i die ? + Cameron & Elsa ♥
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